J’approche la guimbarde de Parieux. C’est un os infâme — une vieille Mercedes rebecquetée — mais peinte à neuf, avec des trucs chromés… Le zig devait en avoir soin comme de sa montre !
J’ouvre la lourde… S’il ne l’a pas fermée à clé c’est donc que Parieux comptait bien redescendre… Ou même qu’il comptait s’en resservir… Mais oui ! En sortant du restaurant il aurait conduit la voiture au garage qui est à cent mètres pour s’éviter de redescendre plus tard…
Je regarde la voiture. Elle en sait long, la bougresse, si elle pouvait parler, celle-là !
Mais la voiture ne me dit rien. Le petit lutin aussi ferme sa gueule… Il commence à admettre qu’il y a de l’eau dans le gaz, si j’ose m’exprimer ainsi…
L’intérieur de la tire est en cuir. Tout est propre, soigné… J’inventorie les poches à soufflets, je n’y trouve qu’un échantillonnage complet de cartes routières. Il y a une lampe électrique, un peloton de ficelle, un couteau…
Des nèfles, quoi !
Je m’apprête à abandonner le véhicule lorsque mon regard est attiré par un fil électrique qui est dénudé de son extrémité et attaché à la poignée métallique de la porte du côté opposé à celui du conducteur… Ce fil passe derrière le siège et revient sur le plancher en direction du moteur…
Je soulève le capot et je retrouve mon fil au-dessus de la batterie… Il n’est pas relié à elle, du moins il ne l’est plus car, à l’effilochement de son autre extrémité, je me dis qu’il a été arraché.
Je regarde et je trouve des traces de ligature après le fil de sortie…
Je réentortille le fil après… Je reviens à la porte dont je chope la poignée à pleine paluche. Une petite secousse électrique s’irradie dans ma main, grimpe dans mon bras…