Il y a tout d’abord une pile de dossiers. Je ne cherche pas à les ouvrir car ils contiennent des paperasses rédigées en anglais, c’est-à-dire illisibles pour moi.
Ces dossiers occupent les deux rayons supérieurs. Mais dessous se trouve comme un autre coffre dans le grand. Fort heureusement, ce petit enfant dans les entrailles de sa mère s’ouvre à la clé, donc mon appareil lui convient.
En effet, une rapide démonstration et j’en ai raison. Ouf ! Ce que j’aurai pu forcer comme lourdes, cette nuit ! Parole, je vais en rêver bientôt…
Dans le petit coffre il y a une multitude de petits sacs en cuir.
— De l’or ! je murmure…
Et mon cœur se met à cogner. Le cœur des hommes — même celui des honnêtes bourdilles de mon espèce — se met toujours à faire du ramdam lorsqu’il se trouve devant un amoncellement de jonc. Doit y avoir une influence qui relève du magnétisme dans ce phénomène…
En tremblant un peu je m’empare du sac de cuir. Chacune de ces poches est de la dimension d’une livre de farine… en paquet.
Je l’ouvre. Cramponnez-vous bien : c’est pas du gold mais bel et bien de la farine que le sac contient. Du moins cette poudre blanche a-t-elle toutes les apparences du froment.
Seulement je ne vous souhaite pas de becqueter du brignole fabriqué avec ça ! Ah ! foutre non ! Car cette farine ne s’emploie qu’en toute petite quantité. Et on ne se la met pas dans la bouche mais dans le nez. Bref ! il s’agit de neige, de coco, quoi !
Il doit bien y en avoir une vingtaine de kilos en tout. Non, mais vous vous rendez compte d’une fortune ?