Je commence à entraver pas mal de choses maintenant.

Je referme mon sac-échantillon et le remets dans le coffre. Décidément, je viens de marquer un point capital dans la marche de l’enquête…

Et ce, sans jacter un mot d’anglais, sans avoir les moyens formidables du Yard… Lorsque le Brandon va savoir ça, je suppose qu’il va sortir de sa réserve… Mon rêve serait de l’entendre dire merde ; même en anglais, ce serait marrant et ça ferait plaisir à l’esprit de Cambronne s’il rodaille dans le secteur.

Seulement, voyez-vous, ça n’est pas tout de suite que je pourrai révéler le pot aux roses à mon british collègue.

Non, et ce ne sera peut-être jamais car lorsque je me retourne je constate sans plaisir que je ne suis pas seul dans la pièce.

Dans l’encadrement de la porte se trouvent deux hommes. L’un est le bon M. Stone, l’autre un grand jeune homme au gilet de daim marron. Stone a les mains dans ses poches, mais le jeune homme, par contre, tient un revolver à gros barillet et à canon court. C’est une de ces armes qui font dans la bidoche des trous grands comme l’entrée de Prisunic…

Et si vous voyiez le grand jeune homme, vous ne douteriez pas un instant de son envie de tirer.

Il a un menton carré, proéminent. Des yeux fauves, si terribles qu’ils foutraient les jetons à un boa constrictor. Son front est sillonné de rides rageuses et une mèche lui pend entre les sourcils.

— Un petit malin, hé ? murmure-t-il dans un français parfait.

Si ce mec n’est pas né à Paris, il a du moins été élevé à Saint-Cucufa…