Je m’y introduis. Un escalier raide se propose : je l’accepte… Me voici dans une coursive que j’ai aperçue tout à l’heure. À l’autre bout, des bruits de fourchettes retentissent. Des odeurs de bouffetance titillent mon tarin, je donnerais la photo de mon percepteur pour un sandwich-poulet…

Je suis tellement flic, voyez-vous, que j’adore le poulet ! C’est farce, hein ?

Seulement, vous me voyez radiner dans la salle à manger comme ça, les bras ballants, en disant :

— Vous permettez, les enfants, que je croque avec vous ?

Non, ça ne serait pas sérieux. S’inviter sans revolver à la main, c’est manquer de savoir-vivre…

Je me dis que, d’une seconde à l’autre, un steward va se manifester. Il va me voir, j’aurai à agir…

Non, décidément, il faut que je me planque. Je pousse au petit bonheur la malchance la porte de la première cabine venue.

Manque de pot, il y a justement un type qui est en train de l’astiquer. C’est un mulâtre au visage couturé de cicatrices qu’il ne s’est sûrement pas faites pour un bal masqué. Il tient un flacon d’encaustique pour les cuivres d’une main et une peau de chamois de l’autre !

J’éructe un juron. Décidément, j’ai pas de fignedé aujourd’hui ; choisir pour me carrer précisément la seule cabine occupée sur le moment ! Non, y a que moi, je vous jure !

Seulement, il faut que je prenne une décision rapide. Si je ressors en m’excusant, le gars trouvera ça louche et jouera les Sherlock.