Il me dit que le brouillard est une légende et qu’en réalité, il ne fait pas plus mauvais à Londres qu’ailleurs.

Probable qu’il s’est habitué à vivre dans la pommade, ce zig ! Du reste, il conduit avec une rare maestria alors que je ne reconnaîtrais pas mon excellente femme de mère à trente centimètres même si elle me disait son nom…

Une heure plus tard nous stoppons devant une grande bâtisse, ni plus folichonne ni moins sinistre que toutes les prisons du monde. Brandon sonne à la porte. Un judas s’entrouvre et, derrière les barreaux d’une grille, j’aperçois le visage carré d’un gardien.

Brandon lui jacte une phrase courte. L’autre ouvre sa lourde.

Nous pénétrons dans une étroite courette pavée. Elle ressemble à une sorte d’antichambre à ciel ouvert. Un autre portail se dresse, façon cauchemar… Il faut à nouveau sonner et parlementer… On nous ouvre…

Nous suivons un couloir glacial qui aboutit à une rotonde d’où partent une flopée de couloirs, comme des rayons partent d’une roue.

Au milieu de la rotonde se dresse une grande table avec des gardiens assis autour. Chaque début de couloir est fermé par une grille dont les barreaux sont épais comme ma cuisse.

Brandon discute le bout de gras avec un chef. Celui-ci s’incline devant moi et je lui accorde une petite bénédiction urbi et orbi.

La balade se poursuit dans la sinistre crèche. Maintenant nous sommes flanqués d’un gardien qui ressemble tellement à un gorille que j’ai presque envie d’aller lui acheter des cacahuètes.

Nous allons dans le quartier des condamnés à mort.