Il a des taches de son plein le portrait et une petite moustache du genre pinceau usagé surmonte ses lèvres minces.
Dans un français très pur, il me dit :
— Excusez-moi, monsieur le curé, n’êtes-vous pas envoyé par les services de police français ?
— Juste !
Je lui tends la paluche.
— Je suis Brandon, dit-il.
J’admire la courtoisie de mes collègues anglais. Voilà des gnaces qui n’hésitent pas à faire tintin avec les plumes pour venir jouer les guides en pleine nuit à l’aéroport.
— Enchanté, je déclare.
On se fait la valise. Il m’ouvre la portière d’une voiture noire, carrée comme un paquet de sucre mais dans laquelle il fait bon vivre.
Brandon est muet comme trente-trois carpes. J’essaie d’amorcer une conversation sur le temps… Je peste contre son brouillard proverbial, mais ça n’a pas l’air de lui plaire tellement.