Mon feu fait un petit bruit comparativement à son canon de marine.
Soudain, un troisième œil lui naît au milieu du front. Un œil tout rouge, comme celui de Moscou.
Il ne profère pas le moindre mot. Il reste un instant debout, très droit, immobile comme si on l’avait statufié. Puis il s’écroule en arrière et débaroule l’escalier.
M’est avis que, cette bonne chose étant réglée, il faut penser à la situation… Elle devient critique… Nous sommes loin de la terre et il n’y a pas un bateau en vue… Quant au nôtre, vu de loin, il doit ressembler à une omelette flambée.
Le feu a gagné le pont et c’est le grand sauve-qui-peut ! Les chaloupes à la mer et chacun pour soi, Dieu pour tous !
Le tumulte est à son comble… Ça se bouscule au portillon ! Ça piétine, ça se fout des gnons sur la tomate ; ça gueule…
C’est pas beau à voir des hommes qui ont peur ! croyez-moi !
Bientôt, j’avise deux grandes chaloupes qui s’éloignent du bateau à force de rames…
J’ai un triste sourire… Me voilà seulard sur le yacht en flammes. Mon astuce s’est retournée contre moi… Je vais claquer comme un rat dans l’immense brasier flottant.
Je descends sur le pont.