C’est alors que j’ai une secousse… Une forte, une vraie… Droit devant moi, sur la passerelle, il y a Stone. Un Stone implacable, très calme, très sûr de soi… Il tient un revolver à la main…

— Ah ! vous voilà ! dit-il. Je ne savais pas où vous vous cachiez mais je pensais bien que vous vous montreriez…

Il a un feu, j’en ai un…

Nous sommes seuls sur le barlu… Au lieu de nous occuper de notre salut, nous ne pensons qu’à nous bousiller. Chacun a besoin de la mort de l’autre…

Je fais un saut de côté pour le dérouter et je presse la détente de mon arme. Mais il n’a pas été dupe. Lui aussi a fait un saut de côté. Ma balle lui siffle aux oreilles et va se perdre dans les flots.

— Manqué, dit-il seulement…

Je ne songe pas à persifler… Ce que j’éprouve en ce moment n’est pas racontable. Je suis coincé dans l’angle du bastingage. Stone va tirer… Je ne peux rien pour moi…

J’adresse au ciel une petite prière en priorité.

— Mon Dieu, je vous en supplie, ne faites pas le méchant, je suis un bon petit San-Antonio qui n’a jamais fait de mal aux honnêtes gens…

Mais le Bon Dieu n’entre pas dans ces considérations extrahumaines.