Il va être dur à manœuvrer. Il est Anglais, il connaît la loi anglaise. Il sait que sans une ombre de preuve je ne puis rien contre lui…

Seulement, il ne connaît pas encore San-Antonio, ce marchand de purges ! Il ne sait pas que la loi anglaise, moi, je m’en torche !

Du reste, je vais le lui prouver sur l’heure !

— Je crois que nous ferions bien de mettre les choses au point, monsieur Standley…

Il reste debout, pensif, ressemblant de plus en plus à un pélican triste qui croyait s’être tapé un bon poisson et qui s’aperçoit qu’il n’a cravaté que des ressorts de sommier.

— Voyez-vous, dis-je, j’ai pu, grâce à certaines indications, découvrir le pot aux roses… J’ai mis la patte sur cette affaire de stupéfiants… Stone, acculé, m’a appris que vous étiez dans le circuit. Votre soi-disant assistante faisait le transport et votre officine en demi-faillite servait de plaque tournante à la drogue…

Il secoue ses épaules en bouteille d’eau Perrier.

— Vous construisez un roman, ricana-t-il… Je ne vois pas pourquoi vous me le racontez à moi… Si vous pensez une chose semblable, allez le raconter à la police !

Je vous avouerai que je suis un peu décontenancé par la fermeté de cette attitude. Fais-je fausse route ? Pourtant mon instinct me dit que le vieux bluffe vachement. De toute façon il n’est plus temps de battre en retraite…

— Écoutez, Standley. Je pense que vous êtes un homme sensé, hé ?