— C’est gentil d’être venu, ricane-t-il, mais excusez-moi, l’abbé, je m’arrangerai directement avec le Bon Dieu, tout à l’heure. Vous savez ce qu’on dit chez nous : il vaut bien mieux s’adresser au Bon Dieu qu’à ses saints ?

— Je sais, dis-je…

Je soupire…

— Mais ça n’est pas pour vous évangéliser que je suis venu…

— Ah ! non ?

— Non… D’autant que je partage absolument votre point de vue sur la religion…

Du coup il en prend plein les carreaux…

— Comment cela ?

— Écoute, mon gars, je murmure, c’est pas la peine de t’enchetiber, ce serait pas correct en un pareil moment. Je joue franco : je ne suis pas plus curé que toi tu n’es le pape. Mon blaze est San-Antonio et je suis flic. Ton vieux est un pote de mon chef, c’est ce dernier qui a obtenu des English la permission d’envoyer un curé de chez nous pour t’assister. Seulement, au lieu de te dépêcher un représentant du clergé qui t’aurait cassé les pattes avec ses salades, il a trouvé plus judicieux d’envoyer quelqu’un de chez lui…

L’autre paraît méfiant, soudain. Son regard se plisse.