Un grand coup de bada au père la pilule et je les mets. À trois pas y a un bâtiment avec « Post Office » écrit dessus. J’entre et à grand renfort de dictionnaire, je demande la communication avec Paris.
Il me faut un petit quart d’heure d’attente. Enfin j’ai la voix du boss dans les manettes. C’est pas que je la trouve radiophonique, mais, dans ce bled, elle me fait l’effet d’une douce musique de chambre.
— Allô, patron ?
— Ah ! c’est vous, San-Antonio, alors ?
— Eh bien ! ça y est, le petit copain a eu droit à sa cravate.
— Pénible ?
— Un truc de ce genre n’est jamais rigolo, mais ça ne s’est pas trop mal passé.
Je lui bonnis un compte rendu succinct de l’exécution. Je parle de son murmure suprême concernant son innocence. Je raconte l’histoire de la môme Martha, la petite pharmacienne qui se faisait payer à bouffer et à qui ses voisins de table lançaient des messages.
— Et comme par enchantement elle a disparu, vous ne trouvez pas ça bizarre ?
Un court silence. Lorsque le patron la boucle, c’est que ça se bouscule à son carrefour cérébral.