Où il est question d’un jardin, d’un mouchoir, d’un bouton et du reste

Nous sommes assis face à face dans un bus poussif. Autour de nous, c’est plein d’une population laborieuse qui regagne son clapier lisant les nouvelles qui ne la concernent pas avec des mines de clergyman triste.

Grace est gentille tout plein dans son imperméable. Elle a une chose qui me plaît énormément : cette gravité des Anglais.

Chez les autres, ça fait triste, mais à elle ça lui va bien. Comment vous expliquer, ça lui confère un petit côté romantique… Elle me plaît, cette gosse. Si elle n’avait pas l’air aussi sérieux, j’aimerais lui raconter l’histoire du petit gars qui apprenait à la fille du crémier à jouer au bilboquet-maison.

Je la reluque en loucedé. Elle se rend fort bien compte de la chose mais elle ne témoigne d’aucun sentiment.

— Vous connaissez cette Martha Auburtin ? je demande…

— Oui, dit-elle, à plusieurs reprises j’ai pris le thé en sa compagnie chez Mme Fig.

— Quelle sorte de fille est-ce ?

— Intellectuelle tourmentée…

— Jolie ?