J’ai un petit côté : « le jardinage chez soi » qui ravirait une vieille fille à marier.

Et je te creuse, et je te retourne la glèbe.

La glèbe !

Vous bilez pas si j’emploie des mots aussi calés, c’est uniquement un exercice de style !

La glèbe britannique ! Sujet de conférence pour les Annales.

Y aurait long à tartiner là-dessus. Et avec une suite, mes enfants ; une suite qui pourrait s’intituler : l’Angleterre, pays des morts étranges…

Aux suprêmes lueurs du jour — un jour tellement malade que ça ne vaut plus la peine d’en parler — je découvre un soulier de femme. Drôles de semis, hein ? Peut-être qu’on plante des godasses dans ce patelin, histoire de récolter des tatanes.

Seulement, lorsque je tombe sur le pied qui va dans la godasse, sur la jambe qui surmonte le pied, sur le corps qui surmonte la jambe et sur la tête qui couronne le tout, je me dis que, cette fois, plus la peine de se chercher des raisons. Le mec qui a planté ce corps dans son jardin n’attend pas qu’il monte en graine. Il a mis les adjas presto et sa carrée est à louer…

Je frotte une allumette et me penche au-dessus de la fosse. La souris défunte devait être jolie avant que les petits asticots s’occupent d’elle. Sans jeu de mot car il serait atroce comme on dit dans les milieux chics, elle a de beaux restes !

Comme l’allumette s’éteint j’entends un bruit de pas sur le gravier. C’est ma petite interprète qui la ramène. Elle me regarde avec surprise, s’avance et se penche au-dessus du trou à son tour.