Je le ramasse et l’examine ; il ne porte pas d’initiale. À tout hasard je le colle dans ma profonde.
Le derrière de la maison est constitué par un minuscule potager où en les serrant vachement on arriverait à planter une demi-douzaine de choux.
Je constate que l’on vient de remuer la terre et d’y faire des semis. C’est surprenant, étant donné l’abandon du devant.
Je reste debout devant ce jardinet.
Un haut mur l’entoure. Au fond s’élève un petit appentis. J’y vais. Quelques outils : une bêche, une pioche, un râteau… J’examine la bêche et je constate qu’elle est maculée, au manche, de taches noirâtres qui m’ont bel et bien l’air d’être du sang.
Je l’empoigne et je retourne dans le jardinet, juste à la planche de semis.
Le proprio va faire une drôle de cerise en revenant lorsqu’il découvrira que ses salades romaines ont été retournées. Du coup il le sera aussi.
San-Antonio, vous pouvez le constater, c’est un vrai chien de chasse. Il a le nez tellement creux que, sans forcer, on arriverait à y loger une famille de douze membres avec leurs meubles.
Voilà comme je suis, mes aminches : j’entre, je regarde, je hume et j’éprouve un picotement. Me voilà en train de jouer les chiens ratiers…
Un mec qui me verrait et qui aurait un appareil photo pourrait prendre un cliché pour servir de couverture aux graines Vilmorin.