— Et pourquoi cela, homme d’Arvad ? lui demandai-je.

— Ne vient-il pas de me passer, il y a cinq jours, une bande de vauriens commandés par un certain Bodmilcar, Tyrien ? Ils ont saccagé deux maisons ici étant pris de boisson. Et que Khousor-Phtah m’écrase ! si tous les mineurs ne s’étaient réunis contre eux, ils mettaient tout à feu et à sang ! Celui qui aura pendu ce Bodmilcar avec une bonne corde, à une bonne branche, pourra se vanter d’avoir branché un vrai coquin. Et en matière de coquins, j’ai la prétention de m’y connaître !

— Je le crois, chef de travaux, je le crois, lui répondis-je ; mais où est ce Bodmilcar, à présent ?

— Que t’importe ?

— Il m’importe que j’ai un petit compte à régler avec lui.

— Eh bien, si tu prétends le trouver, tu iras loin. Il est parti avec une tribu d’Ibères de l’intérieur, de mauvaises gens, des gens avec lesquels il n’y a que des coups de lance à attraper.

— Nous sommes gens à les leur rendre au centuple.

— Je te conseille de te méfier. Le Bodmilcar me fait l’effet d’un hardi compagnon, et sa troupe est en nombre.

— Oh ! s’écria Chamaï impatienté, qu’il soit ce qu’il voudra, cela nous est fort égal, mais qu’on me le donne à longueur d’épée....