L’archer soupira profondément.

« Pauvre Hannon ! Malheureux Jonas ! Infortuné Guébal ! » murmura-t-il en allongeant le pas.

Évidemment, dans le jeune cœur de ce brave garçon Guébal tenait une place aussi importante que les autres.

La femme couvrait l’enfant de son corps.

Le plateau où nous arrivions était une grande plaine triste et nue, parsemée çà et là de quelques rares bouquets d’arbres et de quelques touffes de chardon. J’estimais que le cours du Bétis était encore à au moins douze stades. Comme nous avions peu d’eau, nous soupâmes légèrement, de crainte d’indigestion. Après souper, je fis éteindre les feux et Hannibal distribua les postes et les sentinelles. En suite de quoi je fis planter deux torches en terre et j’ordonnai qu’on amenât devant moi le Syrien.

J’étais entouré des capitaines et des pilotes. Je fis venir aussi Bicri, Aminoclès et son fils, ainsi que le Phokien qui avait retrouvé sa femme, et la femme délivrée.

Hazaël parut devant moi, pâle et tremblant. Ses beaux habits brodés étaient déchirés et souillés de sang et de poussière. On lui avait ramené les bras en arrière et lié les coudes derrière le dos.

« Me reconnais-tu, Hazaël ? lui dis-je.