— Quel petit homme ? répondis-je, ne comprenant pas.

— Guébal ! s’écria Bicri ; c’est Guébal ! »

Et sans attendre la réponse d’Aminoclès, il courut à toutes jambes vers le bouquet d’arbres qu’il lui indiquait.

« Oui, Guébal, Guébal, » finit par dire Aminoclès.

Mais Bicri avait déjà disparu dans les ténèbres et nous l’entendions siffler et appeler son tendre ami sur tous les tons.

Bientôt il revint, toujours courant et le visage triomphant. Guébal, Guébal en personne était noblement assis sur son épaule, et nous salua de cris aigus entremêlés de grimaces affreuses. Malgré la laideur et les malices de cette vilaine bête, ce n’est pas sans plaisir que je la revis.

Tous ses amis allèrent lui dire bonjour. Il tira la barbe d’Hannibal, égratigna le visage d’Himilcon et mordit le nez de Gisgon, à la satisfaction générale. Quand Chamaï, qui ne l’aimait guère, s’approcha, le singe lui donna un grand soufflet, que Chamaï lui rendit aussitôt, n’étant guère plus patient avec les bêtes qu’avec les hommes. Pendant que Guébal hurlait en se cramponnant à la chevelure de Bicri, Chamaï se baissa et ramassa quelque chose.

« Cette vilaine bête tenait ceci à la main. Il l’a laissé tomber en me frappant. Voyons donc ce que c’est. Il me semble que c’est une courroie de sandale. »

Chamaï s’approcha d’une torche et examina la courroie de plus près.

« Il y a des caractères écrits dessus, s’écria-t-il ; par le Dieu vivant, il y a des caractères phéniciens. »