« Beau cavalier ! dit Hannibal. La cavalerie des Assyriens est magnifique.
— Je le reconnais volontiers, dit Chamaï ; mais en ce qui concerne l’infanterie, je demande la première place pour celle de Juda. »
Pendant qu’Hannibal et Chamaï discouraient, le Chaldéen s’arrêta sur la berge, en face de notre navire.
« Holà ! cria-t-il d’une voix forte ; que vos chefs descendent à terre, et me suivent pour implorer la miséricorde de notre roi et déposer leur demande aux pieds de notre général, Balazou.
— Voilà un général qui a un beau nom, » observa Hannon.
Effectivement, Balazou, en langue chaldéenne, signifie « le Terrible ».
Je pris les lettres de la reine de Saba et je descendis à terre, accompagné d’Himilcon, d’Hannon, d’Hannibal, de Chamaï et de Bicri. Huit matelots derrière moi portaient le présent de la reine.
Le chef chaldéen nous reçut d’un air rogue. C’était un homme de bonne taille, corpulent et lourdement membré, le teint vermeil, la figure large, la mâchoire forte, l’œil gros et à fleur de tête, la barbe épaisse et frisée, comme sont tous ses compatriotes carduques et chaldéens. Il était d’ailleurs, comme eux, insolent, brutal et grossier.
« Allons, vous autres gens de mer, dit-il, marchons et allongez le pas. Je n’aime pas retenir la bride à mon cheval. »