Je fais sacrifier Magon dans un [dolmen] avec allée couverte enfoui sous un cumulus, et j’emprunte à Bourguignat des détails sur les dolmens du nord de l’Afrique. M. Daux donne encore la description d’un temple de ce genre. Mais, par acquit de conscience, je dois dire ici que je n’accepte en rien les théories de Bourguignat sur des suites de monuments de pierre brute en forme de serpent, de scorpion, etc. ; que je ne crois pas un mot d’une histoire de dolmens temples préhistoriques, et que je suis tout à fait de l’avis de Fergusson, qui voit dans les monuments de pierre brute des monuments commémoratifs et funéraires relativement modernes.
J’ai fait allusion à l’existence d’une [mer intérieure] en Algérie : elle n’a pour moi plus rien d’hypothétique. Je n’en dirai pas autant de l’Atlantide ; mais outre les migrations des Libyens, il fallait bien mentionner des traditions répandues dans l’antiquité.
Chapitre XVI.
Je doute fort qu’à cette époque des [Celtes] fussent déjà arrivés sur la côte ouest de France ; mais, en tout cas, il y en avait déjà sur le Rhône et dans l’Est. J’ai constaté l’existence de races antérieures, les Mongoloïdes et les Australoïdes des cavernes. J’en ai présenté en Espagne, et j’en mentionne en Gaule ; j’en montrerai encore plus loin ; cela suffit, je crois. Il eût été par trop bizarre pour le goût du lecteur de faire arriver mes Phéniciens en France sans leur y faire rencontrer des hommes d’une race gauloise ; je m’accuse donc d’un anachronisme que j’estime à quatre bons siècles. Les Celtes à tête ronde étaient dans ce temps-là sur le Danube ou tout au plus sur le Rhône, et les Kymris à tête longue, constructeurs de tumulus, étaient encore bien plus loin. Mais je pense avoir disposé les choses de façon que l’anachronisme ne soit pas trop sensible.
Chapitre XVII.
Il n’y a pas à douter de l’existence des [Finnois] aux embouchures de l’Elbe où je les place. Faute d’un nom finnois ancien, je me suis permis de leur donner un nom finnois moderne en les appelant Suomi.
Chapitre XX.
Je fais mon mea culpa pour le [périple de l’Afrique]. La suite du récit m’a réduit à cet expédient. Que les Phéniciens l’aient fait par exception, on peut le prouver. Cela n’empêche pas le Périple d’Hannon d’être apocryphe, comme on l’a prouvé récemment, et d’être l’œuvre d’un romancier scientifique grec, qui l’a écrit comme j’ai écrit les Aventures de Magon. Dans ces conditions, je me suis cru autorisé à y faire des emprunts.