La description du [navire tyrrhénien] est empruntée à une figure qui se trouve sur un vase du musée Campana.
Les [hâbleries d’Himilcon], à propos de Charybde et de Scylla, sont strictement phéniciennes. J’ai déjà fait allusion plus haut aux mystifications habituelles des marchands et des matelots de Tyr et de Sidon. Pour me justifier, il me suffira de citer le passage d’Hérodote où le père de l’histoire nous parle de l’île Kyraunis, où les jeunes filles pêchent l’or à la ligne, et nous dit tenir ce beau récit d’un Phénicien ! Le Grec est de bonne foi : c’est le loup de mer phénicien qui s’amusait un peu, ou qui dramatisait ses peines et ses aventures pour hausser le prix de sa marchandise.
La superstition du [coq gigantesque] est empruntée à une légende rabbinique, citée par Movers.
Chapitre XI.
J’avais déjà fini ce livre, lorsque j’ai appris, par les fouilles de M. Sainte-Marie, qu’[Adonibal] était le nom le plus ordinairement porté par les suffètes amiraux d’Utique, ou du moins qu’une longue suite de ces magistrats s’est appelée Adonibal. C’est une simple coïncidence : j’ai donné au mien, au hasard, le premier nom phénicien venu. A ce sujet, je dirai, pour les noms de personnages, que je leur ai donné la forme sous laquelle ils nous sont plus familiers. A quoi bon mettre pédantesquement Hanna-Baal (le chéri de Dieu) au lieu d’Hannibal, Bod Melkarth (face du dieu Melkarth) au lieu de Bodmilcar, etc. ? Il suffit au lecteur qui n’étudie pas les langues sémitiques de savoir qu’un vieux nom phénicien ou juif se décompose comme un nom arabe moderne, et de lui rapprocher, par exemple : Amilcar, Abd Melkarth, serviteur de Melkarth d’Abd Allah, serviteur de Dieu. Quant au lecteur qui étudie les langues sémitiques, je suppose qu’il n’a pas besoin de mon livre pour s’instruire et qu’il connaît mes sources aussi bien que moi.
Pour les noms de lieux, j’ai rencontré des difficultés. Si j’avais voulu les écrire tous à la sémite, je me serais trouvé en face de trois obstacles.
- D’abord, ils ne nous sont pas tous connus sous cette forme.
- Cette forme, quand elle est connue, est peu familière au lecteur.
- Son identité, son orthographe et sa prononciation ne pourraient être fixées qu’à l’aide de longues dissertations, fastidieuses pour qui n’en fait pas une étude spéciale, et déplacées ici.
J’ai donc été très-sobre de ce côté. J’ai mis bravement l’île de Crète au lieu de Kaptorim, l’Égypte au lieu de Mitsraïm, les Libyens au lieu de les Machouagh, etc. Je me suis contenté de donner quelques indications, quand j’ai cru qu’elles étaient en place.