— Je ne sais pas, » mugit Jonas.
Décidément, Jonas était stupéfiant.
« Et que sais-tu faire ? lui dis-je.
— Je suis de la descendance de Samson, de Samson l’homme fort, tu sais bien ?
— Mais enfin, sais-tu faire quelque chose par laquelle tu puisses te rendre utile sur mes vaisseaux ? lui répétai-je.
— Je sais sonner de la trompette, s’écria Jonas en se donnant un formidable coup de poing dans la poitrine, et je peux porter un bœuf sur mon dos. »
Hannibal, qui le contemplait d’un air connaisseur, exclama :
« Je n’aurai jamais de cuirasse assez large pour ce gaillard-là.
— Voyons, reprit Hannibal, moi, j’ai un bon sonneur de trompette. Je vais te faire donner une trompette, tu sonneras avec lui, et si tu sonnes mieux, je t’emmène, avec la permission de l’amiral. »
Je fis un signe d’assentiment. On envoya chercher le trompette d’Hannibal et je fis prendre dans la cargaison un énorme clairon qu’on remit à Jonas. On plaça les deux rivaux en face l’un de l’autre, un cercle de curieux se forma autour d’eux, et Hannibal leur dit :