L’Académie ne reconnaît pas le mot dégobillage, et nous ne croyons pas qu’on le trouve dans aucun autre dictionnaire.


DÉGRÉ.

Prononc. et Orth. vic.Il y a trois degrés.
Prononc. et Orth. corr.Il y a trois dégrés.

La prononciation de ce mot est encore incertaine. L’usage général nous paraît vouloir que l’on dise dégré; les grammairiens soutiennent qu’on doit prononcer degré. Mais l’usage général est une loi, et si nous ajoutons à cette considération, que la prononciation de ce mot par deux é fermés, est beaucoup plus agréable à l’oreille, ce qui aura probablement déterminé l’usage en cette circonstance, nous croirons avoir la raison pour nous en disant de prononcer dégré et non degré. Nous ferons aussi remarquer que de tous les mots compris dans le dictionnaire de l’Académie sous la lettrine DEG, et qui sont à peu près au nombre de 60, le mot dégré est le seul auquel on refuse l’accent aigu sur l’é. Pourquoi cette bizarre exception? «Il semble, dit M. Morel, que l’on prenne à tâche de vouloir justifier le reproche que nous font les étrangers, de rendre notre langue sourde, monotone et efféminée par la multiplication de l’e muet.» (Essai sur les voix de la lang fr. chap. 2.)

DÉHONTÉ.


Plusieurs grammairiens préférant éhonté à déhonté, et probablement un peu embarrassés pour donner la raison de leur préférence, n’ont rien trouvé de mieux pour proscrire déhonté que de dire qu’il n’est pas français. Ces grammairiens nous semblent dans l’erreur. Déhonté est bien français, si du moins pour l’être il suffit qu’il ait l’autorité de bons auteurs. On trouve déhonté dans Amyot (Trad. de Plutarque. Marcus Crassus.): «Je dis que les Parthes estoient eulx-mesmes bien deshontez, etc.» Marmontel a écrit: «Déhonté ne devait-il pas se dire aussi long-temps que honte?» Et le savant et judicieux M. Ch. Pougens (Archéologie française) le met au nombre des mots à restituer au langage moderne.


DÉJEUNER, DINER, SOUPER.