ÉCURER (Voyez [CURER]).


ÉDUCATION.

Locut. vic.Il n’a pas assez d’éducation pour lire Homère en grec.
Locut. corr.Il n’a pas assez d’instruction pour lire Homère en grec.

Rien n’est plus commun que de confondre éducation avec instruction, et rien n’est plus ridicule. L’éducation comporte l’instruction, mais l’instruction ne comporte pas l’éducation, car bien certainement un savant qui, par sa conduite, blesserait de justes convenances de la société, pourrait être traité d’homme sans éducation sans qu’on pût raisonnablement le nommer un homme sans instruction. Les dictionnaires qui expliquent éducation par instruction et instruction par éducation, ont donc évidemment tort.


ÉDUQUER.

Voici un verbe banni de notre langue écrite par presque tous les grammairiens qui, nous l’avouerons avec peine, ne font pas en cette circonstance preuve de beaucoup de raisonnement. Le caprice ne doit pas diriger un homme éclairé comme il dirige l’usage, et cependant tout nous prouve que le caprice seul a pu faire dédaigner un mot que nous proclamerons, nous, nécessaire, parce qu’il exprime une idée qu’aucun autre verbe ne pourrait rendre exactement. Éduquer et instruire ont effectivement la même différence de signification que celle que nous avons fait remarquer entre les mots éducation et instruction, et nous ne voyons pas pourquoi le premier de ces substantifs serait privé de verbe quand le second en a un. Nous engageons donc nos lecteurs à ne pas se montrer plus scrupuleux sur l’emploi de ce verbe que plusieurs de nos bons auteurs, parmi lesquels figure en première ligne le correct et élégant Buffon.

«M. de la Brosse..... ne dit pas si le nègre les avait éduqués.» (Tom. XVIII, les Orangs-Outangs.)

Très-jeune et très-joli blondin