EMPLATRE.

Locut. vic.L’emplâtre n’est pas chaude.
Locut. corr.L’emplâtre n’est pas chaud.

S’il est plus utile que le substantif emplâtre soit du genre masculin que du genre féminin, on saura que la gloire d’avoir établi ce dernier genre est due particulièrement aux médecins. Du temps de Nicod (16e siècle) il était masculin; du temps de Ménage (17e siècle) il était féminin; mais les médecins, comme nous l’avons dit tout à l’heure, prétendirent que l’on devait faire une distinction entre la matière pharmaceutique de l’emplâtre et le morceau de peau, de linge, etc., sur lequel s’étendait cette matière, et réclamèrent le masculin pour ce dernier cas. La question ainsi divisée procura une victoire complète aux médecins, qui, après avoir obtenu gain de cause partiellement, finirent par mettre emplâtre en possession du genre masculin, dont il jouit maintenant sans autre opposition que celle des gens ignares.


EMPOISONNER.

Locut. vic.Ces gens-là empoisonnent l’ail.
Locut. corr.Ces gens-là puent l’ail.

L’emploi du verbe empoisonner, dans notre phrase d’exemple, est tout-à-fait absurde, car on n’empoisonne pas l’ail, dans le sens d’y mettre du poison. On ne dit pas conséquemment ici ce qu’on veut dire, savoir: que ces gens-là empoisonnent leurs voisins par leurs exhalaisons d’ail, et voilà le vice de l’expression.

Empoisonner peut cependant recevoir la signification de puer; mais il est alors verbe actif employé neutralement. Cet égout empoisonne, sous-entendez l’air.