Enfondrer ne se trouve pas dans nos dictionnaires; il appartenait à notre vieux langage, et nous pensons, comme M. Ch. Pougens (Archéologie fr.), qu’il pourrait être utile de le remettre en usage. Mais comme nous avons déjà effondrer pour signifier défoncer, il faudrait ne lui attribuer d’autre signification que celle d’enfoncer, qui est la seule qu’il ait dans cette phrase: «Ce n’est donc pas de merveilles si Plutarque ayant eu tant d’instructions et de maistres esloignez du chemin de la vérité spirituelle, et des prédécesseurs enfondrez en l’abyme d’ignorance, y est demeuré.» (Amyot, Vie de Plutarque.)
ENIVRER (Voy. [ENORGUEILLIR]).
ENNUYANT.
| Locut. vic. | Son livre est fort ennuyant. |
| Locut. corr. | Son livre est fort ennuyeux. |
«L’adjectif verbal tiré d’un verbe actif indique assez par sa terminaison active, qu’il doit être appliqué à une action, et la terminaison eux indique une qualité inhérente au sujet auquel on l’applique. Ainsi, on pourra dire, selon les circonstances, ennuyant ou ennuyeux des personnes et des choses. Un homme ennuyeux est un homme qui, par sa simplicité, par sa sottise, par l’habitude de bavarder ou d’importuner de toute autre manière, a tout ce qu’il faut pour ennuyer. Un discours ennuyeux est un discours long et diffus, qui, n’ayant ni suite, ni liaison, ni intérêt, ne peut être lu ou entendu sans causer de l’ennui. Un homme ennuyant est un homme qui ennuie actuellement par sa présence, ses discours, ou de quelque autre manière. Un discours ennuyant est un discours qui ennuie actuellement, soit parce qu’il est mal fait, soit parce qu’il est mal débité. Un homme peut être ennuyant sans être ennuyeux, c’est-à-dire qu’il peut, par défaut d’attention ou de jugement, faire des choses qui ennuient, quoiqu’en général il ait toutes les qualités nécessaires pour être agréable, et qu’il le soit ordinairement.» (Laveaux, Dict. des difficultés.)
L’épithète d’ennuyant appliquée à quelqu’un est un mauvais compliment; celle d’ennuyeux est presque une insulte.