La Fontaine a dit cependant:
Tu peut choisir, ou de manger trente aulx, etc.
Nous ajouterons que le pluriel ails est fort usité par les naturalistes. Il existe, au reste, un moyen indiqué par plusieurs grammairiens de mettre tout le monde d’accord, c’est de dire au pluriel des têtes d’ail. Pourquoi ne dirait-on pas en effet, trois, cinq, dix têtes d’ail lorsqu’on fait un compte, et de l’ail lorsqu’on généralise?
AILE.
| Locut. vic. | Boire de l’aile. |
| Locut. corr. | Boire de l’ale. (Sorte de bière.) |
Prononcez, si vous voulez, aile, puisque c’est ainsi qu’on prononce ale en anglais; mais songez bien que rien ne vous y oblige, car il serait ridicule d’admettre qu’une langue qui nous prête un nom commun pût nous imposer sa prononciation. Quant à l’orthographe, c’est différent. Si vous l’altérez, l’étymologie se perdra, et lorsqu’elle sera perdue, qui vous dira si vous devez écrire aile, helle, elle, etc. Quelle belle source de contestations vous aurez fait jaillir! Et puis convenons que si nous empruntons un mot pour en changer l’orthographe, il vaut autant créer tout de suite un mot français, lequel serait bien certainement plus conforme au génie de notre langue. L’Académie et presque tous les dictionnaires écrivent aile, ce qui en Anglais ne signifie rien, et ce qui en Français signifie autre chose que de la bière. Aile est donc tout-à-fait en ce dernier sens un véritable barbarisme. M. Feydel (Rem. sur le Dict. de l’Acad.) veut qu’on écrive aële. Nous en ignorons le motif. Féraud écrit ale, et nous pensons qu’il a raison.
AIMER.
| Locut. vic. | J’aime rire, j’aime chanter. |
| Locut. corr. | J’aime à rire, j’aime à chanter. |