LOUIS D’OR, NAPOLÉON EN OR.
| Locut. vic. | Prenez vingt louis d’or, vingt napoléons en or. |
| Locut. corr. | Prenez vingt louis, vingt napoléons. |
Les complémens d’or, en or, donnés aux mots louis et napoléon, sont tout-à-fait inutiles, car on ne connaît pas en France de monnaie à laquelle on donne le nom de louis d’argent, ni de napoléon d’argent. Quand on comprend parfaitement une idée, pourquoi ajouter des mots qui ne modifient absolument en rien cette idée, pour nous Français, du moins, et qui pourraient induire en erreur des étrangers tant soit peu logiciens, en leur donnant à entendre que nous avons une monnaie qui n’existe pas.
LUI.
| Locut. vic. | Gardez ce bâton, je n’ai pas besoin de lui. | |
| Cet ouvrage est important, ajoutez-lui des notes. | ||
| Chacun doit prendre garde à lui. | ||
| Locut. corr. | Gardez ce bâton; je n’en ai pas besoin. | |
| Cet ouvrage est important, ajoutez-y des notes. | ||
| Chacun doit prendre garde à soi. | ||
«Lui ne se dit ordinairement que des personnes. Quoiqu’un homme dise fort bien d’un autre qu’il se repose sur lui, qu’il s’appuie sur lui, on ne dira pas pour cela d’un lit ou d’un bâton, reposez-vous sur lui, appuyez-vous sur lui; mais on se servira de la préposition elliptique dessus; reposez-vous dessus, appuyez-vous dessus.
«En parlant des choses, on emploie le pronom en au lieu de de lui, et le pronom y au lieu de à lui. On ne dit pas d’un mur n’approchez pas de lui, on dit, n’en approchez pas; ni d’un village, allez à lui, il faut dire, allez-y.
«Lorsque le pronom lui est précédé des prépositions avec ou après, il peut se dire des choses même inanimées. Ce torrent entraîne avec lui tout ce qu’il rencontre, il ne laisse après lui que du sable et des cailloux.
«On ne doit pas se servir indifféremment de lui et de soi. Quand on parle en général, et sans indiquer une personne qui est le sujet de la phrase, il faut se servir de soi. Il faut que chacun prenne garde à soi. Mais lorsqu’une personne en particulier est désignée dans la phrase, il faut mettre lui. Cet homme ne prend pas garde à lui.» (Laveaux, Dict. des Diff.) Ce qu’on vient de dire de lui s’applique également à elle.