Le Dictionnaire de Trévoux après avoir défini l’«ambrosie: viande exquise dont les anciens feignaient que leurs dieux se nourrissaient, ajoute un peu plus loin: figurément on appelle ambrosie quelque manger ou boisson excellente.» Nous ne concevons pas cette contradiction. Les dieux payens, qui avaient déjà le nectar pour breuvage, devaient certainement avoir aussi un manger, et ce manger c’était l’ambrosie.

Nous avons adopté pour ce mot l’orthographe étymologique suivie par Trévoux, Féraud, etc., quoique peut-être un peu moins harmonieuse, un peu moins poétique que l’autre. Marot a dit cependant:

Car toute odeur ambrosienne y fleurent.

Les Anglais disent ambrosia, les Espagnols ambrosía.


AME.

Orth. vic.L’ame est immortelle.
Orth. corr.L’âme est immortelle.

D’Olivet et Féraud écrivent ce mot avec un accent circonflexe; M. Laveaux (Dictionnaire des Difficultés de la langue française) dit que cet accent suppose la suppression d’une lettre, et que l’on n’a jamais écrit asme; mais M. Laveaux est dans l’erreur sur la vieille orthographe du mot âme. On le trouve, dans nos anciens auteurs et dans les glossaires, écrit tour-à-tour arme, alme et asme. Nous dirons, pour constater cette dernière orthographe, que Rabelais ayant été accusé d’hérésie près de François Ier, par ce qu’il nomme un mangeur de serpens, à cause de ce passage de Pantagruel (liv. 3 ch. 22): «Il est herectique, bruslable comme une belle petite horologe. Son asne sen va a trente mille charetees de dyables. Sçavez-vous ou? Cor Dieu, mon amy, droict dessoubz la celle persee de Proserpine.» Rabelais, disons-nous, allégua pour sa défense (Epistre au cardinal de Chastillon) qu’il avait été «miz ung n pour ung m par la faulte et negligence des imprimeurs,» ce qui du mot asme avait fait le mot asne.


AMELETTE