Ce mot est proscrit par quelques grammairiens, par M. Blondin entre autres (Manuel de la pureté du langage). Domergue, Laveaux (Dict. de l’Acad., édition Moutardier) et l’usage l’admettent; aussi l’admettons-nous. Un mendiant est un pauvre, une mendiante est une pauvresse et non une pauvre. Il faudrait, pour éviter l’emploi de cette dernière expression qui serait ridicule, parce que pauvre ne peut être employé au féminin que comme adjectif, et qu’il serait ici substantif, il faudrait, disons-nous, se servir de ces deux mots: femme pauvre, qui seraient aussi ridicules parce qu’ils ne rendraient pas encore l’idée exprimée par le mot pauvresse; une femme pauvre n’étant pas toujours en effet une pauvresse, par la raison qu’une femme pauvre peut ne pas demander l’aumône, et qu’une pauvresse la demande ou la reçoit. On voit par là combien il est peu raisonnable de vouloir bannir de la langue un mot bien fait et nécessaire, et que l’usage a d’ailleurs déjà consacré.


PAYANT.

Locut. vic.Donnez-nous la carte payante.
Locut. corr.Donnez-nous la carte à payer.

Il est des gens qui, à la fin d’un repas chez un restaurateur, s’imaginent faire les puristes en demandant la carte payante au lieu de la carte à payer. Nous répéterons à ces gens-là la remarque judicieusement faite par M. Blondin (Manuel de la pureté du langage): «La carte ne paie pas, mais on la paie.»


PAYEMENT.

Prononc. vic.Paye-ment.
Prononc. corr.Paiment.

Il faut écrire paiement.