L’Académie autorise cette locution de pointe du jour; nous pensons qu’il vaut mieux dire le point du jour. C’est l’avis de M. Feydel, de Ménage et de beaucoup d’autres grammairiens; et l’usage paraît s’être définitivement prononcé pour la dernière expression. Le jour n’a pas de pointe, mais un moment où il poind, et nous ne croyons pas que la subtile définition de la pointe du jour, donnée par Roubaud (Synonymes) ait fait faire à cette expression une brillante fortune.


POIREAU.

Locut. vic.Ces poireaux sont durs.
Locut. corr.Ces porreaux sont durs.

Quoiqu’on ait le choix entre poireau et porreau, nous croyons que ce dernier mot doit être préféré pour raison étymologique. On dit en latin porrus, et nous ferons encore remarquer que l’adjectif poracé (de couleur de porreau) serait bien plus rationnellement formé si l’on disait porreau. Pourquoi dédaignerait-on d’établir la bonne harmonie entre les mots?


POISON.

Lorsqu’on entend Jocrisse s’écrier: Ne bois pas cela, cadet, c’est de la poison, on croit que Jocrisse fait un barbarisme, et l’on a tort. Jocrisse fait seulement un archaïsme. On lit dans le roman de Perceforest: «Puis leur firent boire poisons qu’elle sceurent que bonnes leur estaient.» Et dans Ronsard:

Mon âme en vos yeux beut la poison amoureuse.

(Élégies.)