«Rincer. Du bruit des doigts contre l’intérieur d’un verre que l’on rince.» (M. Ch. Nodier, Dict. des Onomatopées.) «Rincer ne se dit que des verres, tasses, cruches et autres vases semblables, et de la bouche qu’on lave.» (Féraud, Dict. crit.)
ROIDE, ROIDEUR, ROIDILLON, ROIDIR.
| Orth. et Prononc. vic. | Roide, roideur, roidillon, roidir. |
| Orth. et Prononc. corr. | Raide, raideur, raidillon, raidir. |
Rien, selon nous, n’est plus ridicule que de donner à des règles des exceptions que rien ne justifie, et qui souvent même blessent les lois de l’étymologie ou de l’analogie. Nous concevons très bien que plusieurs grammairiens, au nombre desquels se trouve M. Ch. Nodier, demandent que l’on écrive roide, roideur, etc., et que l’on prononce roade, roadeur, etc. C’est là une conséquence toute naturelle de leur désir de rétablir la prononciation française de la diphtongue oi, telle qu’elle était au commencement du seizième siècle, avant que Catherine de Médicis et sa suite eussent, selon l’expression d’Henri Etienne, italianisé notre langue. Mais que l’on vienne nous dire, comme M. Laveaux, qu’il faut donner à deux de ces mots, roideur et roidillon, le son d’oa et prononcer roadeur, roadillon, et à deux autres, roide et roidir, le son d’ai, et prononcer raide et raidir, quand ces quatre mots ont évidemment une étymologie commune; voilà ce que nous avons peine à concevoir de la part d’un écrivain qui sait raisonner. Quant à nous, nous pensons qu’il faut aujourd’hui se résigner à prononcer et à écrire raide, raideur, etc., malgré ce que peut avoir de pénible pour notre orgueil national une prononciation qui nous a été imposée par l’étranger, mais qui est maintenant définitivement établie, et qu’il serait par conséquent impossible de changer.
ROT, ROTI.
| Locut. vic. | De quels plats se compose le rôti du dîner? | |
| Voulez-vous un morceau de ce rôt? | ||
| Locut. corr. | De quels plats se compose le rôt du dîner? | |
| Voulez-vous un morceau de ce rôti? | ||
«Le rôt est le service des mets rôtis; le rôti est la viande rôtie.
«Les viandes de boucherie, la volaille, le gibier, etc., cuits à la broche, sont du rôti: les différens plats de cette espèce composent le rôt; les grosses pièces, le gros rôt, et les petites, le menu rôt. On sert le rôt, et vous mangez du rôti. Le rôt est servi après les entrées: le rôti est autrement préparé que le bouilli. Il y a un rôt en maigre comme en gras; mais la viande rôtie est seule du rôti.