Locut. vic.Gardez-moi un stalle près de vous.
Locut. corr.Gardez-moi une stalle près de vous.

D’après l’Académie, ce mot est masculin, quand il est seul, et féminin, quand il est suivi d’un adjectif. Il vaut mieux ici s’en rapporter à M. Boiste, qui dit que le féminin est maintenant seul adopté.

L’étymologie est, il est vrai, contraire à l’usage, puisqu’on dit en latin stallus; mais qu’y faire? L’usage ne renverse-t-il pas tout ce qu’il y a de plus respectable en grammaire, la raison, l’étymologie, l’analogie, etc. C’est un anarchiste de premier ordre.


STE.

Pron. vic.Avez-vous vu st’homme; ste femme.
Pron. corr.Avez-vous vu cet homme, cette femme.

M. de Wailly dit, dans sa grammaire (p. 314, 6e éd.), que, dans la conversation, cet et cette se prononcent comme st, ste: st’ homme, ste femme, et ne blâme nullement cette prononciation tronquée. Nous pensons qu’un grammairien ne devrait pas donner, en invoquant l’usage, une espèce de consécration à des fautes avérées de langage.

On prononce, il est vrai, ste à Paris, dans la plus haute société comme dans la plus basse: les extrêmes se touchent. Mais les gens instruits, de quelque société qu’ils soient, et ce sont ceux-là qui doivent faire loi, se donnent la peine d’ouvrir la bouche pour prononcer ce mot régulièrement.

Comment ferait-on pour persuader à un étranger que le mot que l’on prononce ste s’écrit cette. N’y a-t-il pas là de quoi le dégoûter d’apprendre notre langue?