«Les académiciens la regardèrent bouche béante et les bras pendans. Elle ouvrit les huîtres comme il lui plut. Je payai ma carte, et un instant après je retrouvai l’écaillère à la porte. Digne et respectable femme, m’écriai-je, en lui serrant la main avec cet élan d’affection que produisent quelquefois les sympathies de l’esprit, je vous passe procuration pour soutenir les intérêts de notre belle langue française par-devant la commission du Dictionnaire. N’y manquez pas, je vous prie, car ils sont bien capables de faire quelque sottise!»
SUPPLÉER.
| Locut. vic. | Les qualités du cœur peuvent suppléer celles de l’esprit. |
| Locut. corr. | Les qualités du cœur peuvent suppléer à celles de l’esprit. |
«Suppléer une chose, c’est ajouter en objets de la même nature ce qui manque; c’est fournir ce qu’il faut de surplus, pour que cette chose soit complète: ce sac doit être de mille francs, et ce qu’il y a de moins, je le suppléerai; je suppléerai le reste. (L’Académie.) Suppléer à une chose, c’est remplacer une chose par une autre chose qui en tient lieu, quoique d’une nature différente; et alors suppléer signifie tenir lieu de:
«Souvent, dans les disputes, les injures suppléent aux raisons. (L’Académie.)
«Le titre de brave et franc chevalier annonçait l’honneur, et ne le suppléait jamais. (Thomas.) Il fallait: et n’y suppléait jamais.
«Remarquez qu’avec un nom, ou un pronom de personne qui lui sert de régime, suppléer ne prend jamais la préposition à: on dit suppléer quelqu’un.—S’il ne vient pas, je le suppléerai; et ce verbe signifie, dans ce cas, représenter une personne absente, en faire les fonctions.» (Grammaire des gramm.)