On voit un grand taureau, forcené de furie,

Qui court et par rochers, par bois et par estangs

Quand le tan importun lui tourmente les flancs.

(Ronsard, Rép. à quelque min., édit. 1604.)


TARTARES, TATARS.

«Les savans sont partagés sur le nom qu’il faut donner à ces peuples: les uns, comme M. Klaproth, n’admettent que celui de Tatars; les autres, comme M. Remusat, conservent le nom de Tartares, usité depuis long-temps dans les écrits latins et français. Les Russes, qui, par leur position de voisinage, semblent faire autorité, disent Tatars: leurs anciennes chroniques portent Tatari. M. Abel Remusat assigne l’origine de l’altération de ce nom à un jeu de mots que Mathieu Pâris prête au roi Saint-Louis, à qui la Reine Blanche témoignait ses craintes sur les progrès de l’invasion de ces peuples: Ma mère, dit-il, soyons soutenus par cette consolation qui nous vient du ciel: s’ils arrivent ces Tartares, ou nous les ferons rentrer dans le Tartare, d’où ils sont sortis, ou bien ils nous enverront nous-mêmes jouir dans le ciel du bonheur promis aux élus. Le jeu de mots de Saint-Louis n’eut cependant pas la vogue de celui de l’empereur Frédéric: Tartari, imò Tartarei, comme les appela ce prince, qui refusa de se reconnaître pour leur vassal, fut la dénomination qui se répandit dans l’Occident.» (Hist. de la Géographie, par Malte-Brun. Note.)

«Tatares est le nom le plus exact de ce peuple, et il est bon à conserver exclusivement pour éviter l’homonymie.» (M. Ch. Nodier, Examen crit. des Dict.)


TEL.