Laveaux (Dict. des diff.) fait ce mot féminin. L’usage, et surtout celui des fumeurs, qui sans contredit doit être ici le meilleur, veut le genre masculin. L’étymologie réclame aussi ce dernier genre, car le mot espagnol cigarro, d’où vient cigarre, est masculin. Laveaux fonde son opinion sur ce que la terminaison en arre indique des mots féminins; et bécarre, tintamarre, phare, catarrhe, Ténare, etc., de quel genre sont-ils? Puisqu’il y a au moins cinq mots masculins en arre, ne peut-il donc y en avoir six?


CIRE.

Locut. vic.La cire de vos bottes est bien brillante.
Locut. corr.Le cirage de vos bottes est bien brillant.

La cire peut servir à cirer un parquet, une giberne, etc., mais jamais à cirer des chaussures. C’est du cirage qu’on emploie pour ce dernier usage.


CIVET.

Locut. vic.Nous mangeâmes un civet de lièvre.
Locut. corr.Nous mangeâmes un civet, ou du lièvre en civet.

La signification d’un mot une fois bien établie, pourquoi donner à ce mot un complément qui devient tout-à-fait surabondant? Ainsi, pourquoi dit-on un civet de lièvre, aujourd’hui que la personne le moins au courant du langage culinaire sait fort bien qu’un civet se fait avec un lièvre, et une gibelotte avec un lapin ou un poulet? S’il arrivait cependant qu’on parlât à quelqu’un soupçonné de ne pas connaître cette différence, et qu’on voulût positivement lui faire savoir que c’est bien un lièvre en ragoût, et non rôti, qu’on a mangé, il faudrait dire: nous avons mangé du lièvre en civet. De cette manière, on éviterait au moins le pléonasme.