NOTE 1, page [3].
Ce mot, aujourd'hui hors d'usage, se voit encore dans Malherbe, La Fontaine et Molière.
Nous avons cru devoir introduire ou conserver dans tout le cours de ce travail nombre de mots, de locutions et même de phrases entières qui pouvaient s'accorder avec l'exigence de la traduction. Ceci nous a permis de laisser subsister les expressions caractéristiques qu'il était difficile de bien rendre en français moderne, et qui, rajeunies, se fussent mal accommodées d'une diction surannée. Nous espérons que le lecteur nous saura gré d'avoir conservé à cette belle oeuvre un parfum d'archaïsme qui s'harmonise si bien avec la naïveté gracieuse de nos deux romanciers. C'est ainsi que nous n'avons pas cru [p.280] devoir faire disparaître un grand nombre d'hiatus, chaque fois que, sans être par trop fatigants pour nos oreilles délicates, le vers servait fidèlement la pensée de l'original. Mais toutes les fois que, sans nuire à la traduction, et sans tomber dans un défaut pire, il était possible de les éviter, nous nous sommes empressé de le faire.
NOTE 2, page [2].
Vers 9. Macrobe, auteur latin qui vivoit à la fin du IVe siècle. Il composa divers ouvrages remplis d'érudition. Ceux qu'il a intitulés: Les Saturnales, traitent de différens sujets, et sont un agréable mélange de critique et d'antiquités. Son Commentaire sur le Songe de Scipion est très-sçavant; il y établit cinq espèces de songes: somnium, Visio, oraculum, insomnium, visum. Ce dernier est une imagination phantastique d'une chose qui n'existe pas. Macrobe ne veut pas que l'on ajoute foi à ces deux dernières espèces de songes, n'y ayant que les trois premiers qui soient revêtus de tous les caractères de la vérité. Macrobii in somnium Scipionis, liber prim., cap. 3, vers 7.
Pétrone ne veut pas que les songes et les inspirations qui nous arrivent en dormant soient l'ouvrage de quelque divinité; il prétend, au contraire, que nos songes ne sont que des réminiscences des choses qui nous sont arrivées lorsque nous ne dormions pas.
Somnia quae mentes ludunt volitantibus umbris
Non delubra Deum, nec ab aethere numina mittunt
Sed sibi quisque facit.
(Petronii Arbitri Satyricon.)
Les anciens ont toujours eu les songes en grande [p.281] recommandation. Pharaon, roi d'Égypte, avoit à ses gages des gens dont l'unique emploi étoit d'interpréter les songes. (Genese, chap. 41.)
Joseph avoit reçu de Dieu un talent particulier pour les expliquer, et ses frères, jaloux de cette faveur, ne l'appelloient plus que le Songeur. (Ibidem, chap. 37.)