Note 43 pages [158]-[159].

Vers 6769-6801. Crésus, cinquième et dernier roi de Lydie, de la famille des Mermnades; son règne finit l'an 3510 du monde, 544 avant J.-C.

On ne sait point au vrai quand il mourut: l'histoire dit qu'il échappa, par une espèce de prodige, à l'arrêt que Cyrus avoit prononcé contre lui. Il évita aussi la mort que Cambyse vouloit qu'on lui fît souffrir. Hérodote, qui a écrit la vie de Crésus, ne dit pas un mot de sa mort; dès lors, on a raison d'être surpris que Jehan de Meung, qui vouloit donner de l'autorité aux songes, ait si mal fait expliquer par Phanie celui de son père, puisqu'il n'est pas vrai qu'il ait été attaché à une potence, ni qu'il y soit mort.

[p.415]Ce roi de Lydie, qui croyoit être le plus puissant de tous les monarques et le plus heureux des hommes, vantoit son bonheur à Solon; ce sage lui répondit qu'il ne falloit pas juger de la félicité de l'homme par le cours de sa vie, mais qu'il falloit en attendre la fin.

Ultima semper
Expectanda dies hominis, dicique beaius
Ante obitum nemo, supremaque funera debet.
(Ovid., Métamorph., lib. 3.)

(Lantin de Damerey.)

Note 44, page [168].

Vers 6907 et 6908. Le lecteur remarquera que ces deux vers ne sont pas traduits. Ils n'étaient pas du reste bien nécessaires.

Dans tout le cours de cette traduction, nous avons tenu à reproduire l'original vers pour vers. Nous avions même un instant pensé à faire des rimes libres comme nos deux romanciers. Mais, après un essai qui ne nous satisfaisait point, nous avons cru devoir nous conformer aux règles de la versification moderne. Ne pouvant conserver à la vieille langue romane son harmonie incomparable, pour racheter ce défaut, autant que possible, nous avons adopté les rimes croisées, difficulté inouïe, qui nous fit regretter plus d'une fois notre détermination et faillit même nous faire abandonner notre travail. Mais c'était une compensation. Aussi, en maints endroits, soit pour conserver des périodes entières, soit pour réparer des fautes d'inadvertance dans la distribution de nos rimes, avons-nous eu recours à divers [p.416] moyens. Çà et là, mais bien rarement, et quand le sens le permettait, nous avons passé un vers ou deux. Le plus souvent nous avons adopté les transpositions de distiques ou, au mépris de la concision, délayé quelques phrases, de façon à regagner deux vers. La clarté parfois y trouvait son compte, et nous n'en avons jamais abusé, car il n'y a guère que 200 vers de différence entre la traduction et l'original, qui contient plus de 22,500 vers.

Note 45, pages [168]-[169] et [170]-[171].