Cette explication est d'autant plus sûre que je l'ai retrouvée depuis dans le Glossaire de Du Cange sur l'histoire de Villehardouin, où les passages qu'il rapporte confirment le sentiment du P. Oudin. Guillaume de Nangis, parlant du roi des assassins, dit: «Icil très pesme Roy, et malvoulant seigneur.» Et Philippe Mouskes, en la vie de Philippe I:
Dont fut une très grant gelée
Trop piesme et trop démesurée.
(Lantin de Damerey.)
Nous ne reproduisons cette note que pour montrer que la science philologique était encore dans l'enfance au XVIIIe siècle. En effet, pesme vient de pessima, même de metipsimus, et carême de quadragesima.
[p.454] Note 126, pages [352]-[353].
Vers 9889-9959. Laverne. C'est la déesse que les voleurs avoient prise pour leur patrone. Horace nous a conservé la prière qu'on lui adressoit:
Pulchra Laverna,
Da mihi fallere, da justo sanctoque videri
Noctem peccatis, et fraudibus objice nubem.
(Épist. XVI, libro primo.)
(Lantin de Damerey.)
Note 127, page [358].
Vers 9994. Listé. Fermé avec une barrière qu'on appeloit lista. Je ne crois pas que dans aucun cas on puisse expliquer ce terme par mortifiés qui se trouve dans certain glossaire. Ce que le roman nomme palais listez, ce sont des palais fermés avec des barrières. Palais, à palando, du verbe palari, aller par-ci par-là; ou bien de palus, qui signifie un pieu, dont Du Cange dérive le verbe palissader, garnir de pieux: étymologie qui remplit parfaitement l'idée attachée aux trois corps de troupes ou camps-volants de nos premiers François, qui étoient sans séjour fixe sous des tentes, munis seulement d'une enceinte de pieux dont on fait encore usage dans la guerre. Par là se forme du mot palais une idée toute différente de celle que l'on en a vulgairement.