«Lorsque les bons trouvères vinrent à manquer, les jongleurs n'ayant plus rien de beau à raconter, on se moqua d'eux; et leurs contes étant méprisés à cause des menteries trop évidentes et trop lourdes, quand on vouloit parler de quelque chose folle et vaine, on disoit: «Ce n'est que jonglerie»; étant [p.452] enfin jongler ou jangler pris pour bourder et mentir.» (Fauchet, Ibid.) (Lantin de Damerey.)

M. Levesque de la Ravalière propose une nouvelle étimologie de ce mot, qui a pour elle une ressemblance frappante.

Les premiers instruments de musique que les hommes aient connus ont été la harpe et la lyre, dont on tire les sons avec les doigts et les ongles; ne se peut-il pas que du mot ongle on ait dit ongler, jongler, jongleur, pour exprimer l'action de jouer de la harpe et de la lyre? L'usage ayant établi la signification de jongleur, on a continué à nommer ainsi tous les joueurs d'instruments, quels que fussent les instruments dont ils jouoient. (Méon.)

Littré, d'accord avec tous les linguistes, fait dériver jongleur du latin joculator. (P.M.)

Note 123, pages [350]-[351].

Vers 9853-9923. Doris, nymphe marine, fille de l'Océan et de Thétis, ayant été mariée à son frère Nérée, mit au monde cinquante nymphes qui furent appelées Néréides, du nom de leur père. Souvent les poètes emploient le nom de Doris, pour signifier la déesse de la mer, et quelquefois pour la mer elle-même. (Moréri.)

Note 124, pages [352]-[353].

Vers 9868-9938. Dol. Le mot Barat, que nous traduisons ici par Dol, signifie proprement fraude, et jusqu'ici nous l'avions toujours traduit ainsi. Mais Jehan de Meung personnifiant toutes les passions et [p.453] les transformant en acteurs, nous nous sommes trouvé fort embarrassé par ce personnage masculin de Barat. Aussi avons-nous été forcé de modifier notre traduction suivant les circonstances, tantôt mettant fraude et ailleurs Dol ou mensonge. L'inconvénient n'est pas bien grave, attendu que ce personnage ne joue aucun rôle direct dans l'action du Roman de la Rose.

Note 125, page [352].

Vers 9880. Pesme, c'est-à-dire très-mauvaise, la plus mauvaise, par sincope, du latin pessima, ainsi que notre même est sincopé de l'italien medesimo, et carême de quaresima. Je dois cette remarque au R.P. Oudin, l'un des plus savants Jésuites de son siècle en tout genre de littérature.