Vers 5172-5190. Omni tempore diligit, qui amicus est.

Pour le vers précédent: Fortune en eus rien n'a [p.401] mis, la traduction est un peu trop libre, nous le reconnaissons; mais tenant absolument à conserver au précepte: Toujours aime qui est amis, sa forme concise et énergique, nous avons préféré sacrifier le vers précédent, d'autant plus que le sens reste rigoureusement le même.

Note 18, pages [58]-[59].

Vers 5190-5210. Verus amicus prastantior auro. (C'est aller chercher bien loin les réminiscences.)

Note 19, pages [62]-[63].

Vers 5267-5287. Pythagoras naquit à Samos vers la 47e olympiade, environ 590 ans avant J.-C. Il étoit fils de Mnesarcus, et, selon d'autres auteurs, de Marmacus ou de Mnermacus. Ce fut lui qui le premier prit le nom de philosophe. Sa secte fut nommée l'Italique. Il parcourut l'Égypte; il fut en Crète, à Lacédémone, où il se fit instruire dans les lois de Lycurgue et de Minos. De là il passa en Italie, où il ramena à une vie frugale les peuples de Crotone, qui vivoient dans le luxe; il mourut à Métapont, auprès de Tarente, où on prétend qu'il fut tué dans une émeute populaire.

Pythagore eut un grand nombre de disciples; une des règles qu'il leur faisoit observer étoit de garder le silence pendant cinq ans; après ce rude noviciat, ils étoient alors admis dans la maison de leur maître, et alors ils avoient le plaisir de jouir de sa présence et de le regarder fixement.

Le préjugé de ses disciples sur sa science étoit si [p.402] violent, que son autorité toute seule leur tenoit lieu de raison, et lorsqu'ils soutenoient un sentiment, et qu'on leur en demandoit la preuve, ils se contentoient de répondre: «Il l'a dit,» c'est-à-dire Pythagore. (Cicéron, De la nature des dieux, traduction de M. l'abbé d'Olivet.) Pythagore soutenoit la métempsicose, ou la transmigration d'une âme dans un autre corps; c'est un sentiment qu'il avoit puisé chez les Gymnosophistes, qui croyoient que la production du monde consistoit en ce que toutes choses sont sorties du sein de Dieu, et que l'univers périra par un retour de ces mêmes choses à leur première origine. Les Brachmanes du pays de Coromandel soutenoient que le monde périt et se renouvelle dans certaines périodes de temps. (Diction. de Bayle, t. II, édit. de 1715.)

Pythagore, qui se regardoit comme petit monde, prétendoit avoir essuyé ces différentes révolutions, et que son âme avoit passé du corps d'Aetalides dans celui d'Euphorbes, tué au siège de Troie par Ménélas; qu'elle avoit animé les corps d'Hermosine et de Pyrrhus, surnommé le Pêcheur, et que de Pyrrhus il étoit devenu Pythagore. (Diogenes Laerce, livre VIII.)

On prétend que les vers attribués à ce philosophe, qui sont les principes de sa morale, ont été mis sous cette forme par Lysis, un de ses disciples, Pythagore n'ayant point laissé d'écrits: ces vers sont au nombre de 71; on les appelle dorés, pour marquer que dans ce genre c'est ce qu'il y a de plus excellent et de plus divin; c'est par cette raison qu'on a donné le titre de l'Ane d'or à l'histoire d'Apulée, à cause de la richesse de son style. On trouve ces prétendus vers dorés dans le Recueil des poètes grecs[p.403]. Hierocles, qui d'athlète devint philosophe, fit un commentaire sur les vers de Pythagore. (Lantin de Damerey.)