Faussonnier, dit Du Cange, veut dire faux-monnayeur, comme faussonner, faire de la fausse-monnaie. Racine: falsare, falsoneria, falsus-saulnerius, falsonarius. Le sens primitif était faussaire, puis faux-monnayeur. Au mot Falsonarius, Du Cange cite une vieille charte où il est dit: Falsonarii et retonsores denariorum. Au mot Falsoneria, il cite cette phrase des Ordonnances royales de France, année 1388, tome VII, page 242, art. 26: «Sur les Fauçonneries qui se font dans lesdites monnoyes, etc.... Au mot FALSUS-SAULNERIUS, idem qui FÀLSONARIUS, nostris [p.431]alias FAUSSONNIER, il cite cette phrase des Édits de saint Louis, chap. 39: Dictus le Galoys falsus-saulnerius reputatus communiter erat faussoniers de monoyes. Puis au tome IV, page 396, des Ordonnances royales de France, année 1363, ces mots: Monnoyes d'or et d'argent faussonnées ... Le sens de faux-monnayeur est donc indiscutable pour faussonnier, et comme M. Francisque Michel se garde bien de donner aucune preuve à l'appui de sa version: commis des gabelles, nous n'avons pas cru devoir l'accepter.

Quant à terminéours, tiré du bas latin terminarius, suivant Du Cange, il s'écrivait indistinctement: termoieeur, termoieur, termineur, c'est-à-dire qui aliquod tenementum possidet ad terminum, d'où le mot termor, tenens ex termino. Terminéours signifieroit donc emprunteur à terme, débiteur, puis enfin banqueroutier, et les deux vers 12287 et 12288:

Ou se nus homme oultre mesure
Vent à TERME ou preste à usure ...

semblent consacrer le sens que donne Du Gange à terminéours. Pour être juste, nous devons dire que le bas latin terminator signifiait aussi: arpenteur, géomètre.

Quant au mot maiours, que nous avons traduit par guerriers, nous avouons avoir hésité longtemps. Nous avions primitivement adopté:

Maires, prévôts, baillis, archers ...

Mais le mot maire, maior, qui voulait dire chef, nous a paru, rapproché de bedeau (simple archer), signifier ici officier, comme bailli est opposé à prévost. Peut-être y doit-on voir tout fonctionnaire ou chef de service.

Note 32, pages [118]-[119]. [p.432]

Vers 12140-12242. Béguines. Ce nom se donnoit aux filles d'une ancienne congrégation séculière établie en plusieurs lieux de Flandres, de Picardie et de Lorraine. Il y a des auteurs, au nombre desquels est le P. Thomassin, qui ont regardé les béguines comme des espèces de chanoinesses ou de bénéficières: Jehan de Meung paroît les prendre ici dans cette acception.

Du Cange le fait dériver de Begga, fille de Pepin de Landau, sur de sainte Gertrude, qui institua des religieuses nommées béguines. (Lantin de Damerey.)