Vers 21729. Cendaus, pluriel de cendal. C'étoit une étoffe fort estimée chez les anciens: on en faisoit les bannières. Le cendal étoit une espèce de camelot; il y en avoit du rouge et du blanc; il y avoit aussi des cendaux de soie, qui étoient la même chose que nos taffetas.(Lantin de Damerey.)
[p.412] Note 79, pages [322]-[323].
Vers 21777-22067. Houzeaux, espèces de bottines. Les unes avoient la tige simple; d'autres avoient un soulier qui étoit quelquefois à poulaine, avec un long bec recourbé en haut. On appeloit aussi houseaux des heuses, qui étoient des surbottes.
Il y a apparence que les houseaux étoient la chaussure des Parisiens, par ce que Jean de Meung dit ici de la manière dont Pygmalion habilla sa statue.
On disoit quitter les houseaux, pour faire entendre qu'une personne étoit morte. Aux Chroniques de Moustrelet, tome I, pour l'année 1422, on lit: «que lorsque Henri V, roi d'Angleterre, qui mourut à Paris, eut été enterré à Abbeville, Messire Sarrazin d'Arly, oncle maison, s'il ne sçavoit rien de la mort du roy d'Angleterre. Il dit que oui, et qu'il l'avoit veu en Abbeville, en l'église de St-Offram, et lui raconta comment il étoit habillé. Adonc Messire Sarrazin lui demanda par sa foi s'il l'avoit bien advisé; et répondit que oui. Or, me dis par ton serment s'il avoit point ses houzeaux chaussez?—Ah! Monseigneur, ce dit-il, nenny.—Par ma foy, ce dit Messire Sarrazin, beaulx amis, jamais ne me croyez s'il ne les a laissez en France.» Au lieu de: quitter les houseaux, l'on dit proverbialement quitter la perruque, pour: mourir. (Lantin de Damerey.)
Vers 21835-22125. Cornouaille. C'est, selon Barbazan, [p.413] le cornouiller, arbre dont on faisoit des chalumeaux et autres instrumens de musique:
Li chalemel de cornouaille.
(Ovide, manuscrit cité par Borel.)
Je ne sais si c'est bien entendre le passage du Roman de la Rose que de prendre cornouaille pour un arbre, plutôt que pour la province d'Angleterre qui porte ce nom, ou pour la ville de Cornouaille, aujourd'hui Quimper-Corentin, qui est en basse Bretagne. Comme les Bretons sont fort renommés pour leurs danses, peut-être faisoit-on chez eux des instrumens pour les exciter à danser.
Ceux qui ont fait mention du cornouiller n'en parlent que comme d'un bois propre à faire des armes.