Pour laquelle cause sans quelque autre occasion merveilleusement les heoit/ et se n’eust esté la doubte de leur grant puissance voulentiers les grevast/ si n’y sceut trouver autre voye que par cautelle et faulse simulation/ dont il faindit que moult chierement les aimoit et par plusieurs fois lettres de mout grant amistié leur escripvit/ en fin leur manda que fort desiroit a veoir la cité de romme et la noble ordonnance qui y estoit/ & lui venu a romme/ comme celluy que on reputoit pour amy y fut grandement receu mais tant plus y veoit de felicité et de tant plus croissoit la douceur de l’envieuse pointure qu’il tenoit en luy tappie et couverte/ dont il sourdit tel effect : ains qu’il partist de la cité et tant fist par son malice qu’il mist tresgrant discord entre les barons/ et par ce luy sembla que mieux ne povoit nuyre a la cité.
Item par semblable cas ung autre hayneux de romme quant il eut basti cedicion et contens entre les princes rommains tant que en bataille se misrent les ungs contre les autres. envoya secours de ses gens a la partie plus forte non pas pour aider a nul/ mais affin que tant plus y eust d’eulx grande destruction a leur dommaige.
Item les rommains aians affaire de secours prindrent sauldoiers estranges/ mais quant vint a l’assembler de la bataille sembla a iceulx sauldoiers que les rommains en devoient avoir du pire/ & pource se departirent de l’ost & allerent au costé d’une montagne pour eux mettre avec les plus fors quant la desconfiture verroient/ mais ad ce pourveit sagement le sage capitaine rommain qui veit que ses gens s’en espouentoient/ car il alla par tous les rencs/ disant que icelle partie estoit de son consentement pour courir sus aux ennemys par derriere quant assemblez seroient/ & par ce asseura toutes ses gens & si en eut la victoire.
Item s’en departirent une autre fois sauldoiers de l’ost des rommains pour eulx aller mettre avec l’adverse partie/ mais le sage capitaine y pourveit sagement Car il les suivit avecques tout son ost en belle ordonnance par quoy les ennemys quant ilz veirent les premiers cuiderent d’eux recevoir la premiere envaÿe/ si leur coururent sus et furent les premiers occis/ mais ainçoys en occirent affolerent et detrencherent plusieurs et par ce furent ilz en ayde des rommains quelques bons corps qu’ilz eussent malgré eulz.
Cy s’ensuit aucunes cautelles des rommains assegez de rommains en ost/ de quintus metellus/ de ung roy de cecille et de hanibal. xiii. c.
Au temps que romme fut prinse les gaux assiegerent le capitole qui estoit forteresse comme imprenable si non par famine/ & pource les cuidoient ilz affamer/ mais les rommains subtilz en tous faitz de guerre pour oster a leurs ennemis ceste esperance/ prindrent de telz vivres qu’ilz avoient & en firent reliefz des oz du menu pain & d’autres telles choses et les jectoient dehors aux indigens/ par quoy quant les gaux veirent ce moult sagement s’en esmerveillerent/ cuidans que de vivres fussent moult bien garniz/ & pource eurent voulenté de faire paix.
Item quant hanibal et hisdrubal princes cartaginois estoient en italie les rommains y envoierent deux ducz conduiseurs de deux grans ostz qui si sagement s’i maintindrent que les deux ostz cartaginois ne peurent assembler ensemble/ car s’ilz eussent assemblé tout eussent gasté/ mais ilz firent tant que les deux cartaginois furent du tout destruiz.
Item quintus metellus estant en ost en espagne ne povoit par force advenir a une cité ou il tendoit. Il se partit et commença a pourmener son ost par assez loing temps de lieu en autre tant que les siens mesmes s’en esmerveilloient et ses ennemis s’en truffoient et a fol le tenoient. Si alla tant ainsy faisant que en la fin veit son point/ lors que tous ennuyez estoient d’estre sur leur garde si les print despourveuz.
Item ung roy de cecile fut assailli par les cartaginois/ mais quant il veit que tout son pays lui avoient occuppé et que remede n’y povoit mettre/ il se partit a tant de gens comme il peut assembler et s’en alla en auffricque/ & pareillement commença a tout mettre en feu et en flambe Et pource furent iceulx tous joyeux de faire paix a lui & rendre les dommaiges.
Item quant hanibal se deut combatre contre les rommains en la bataille de canes qui tant leur fut dommageuse. Il se advisa de trois cautelles/ l’une qu’il print premier place/ l’autre qu’il advisa d’avoir le vent et le soleil au doz/ car la journee estoit chaulde & grande estoit la pouldriere. Apres ordonna que la bataille commencee une partie de gens qu’il avoit feissent comme s’ilz s’en fuyssent par ung destour ou il avoit commise une embusche pour courir sus aux rommains qui suivoient les fuitifz. Tiercement ordonna que iiii. cens hommes d’armes semblablement devers les rommains s’en fuyssent comme doubteux et paoureux de la bataille et a eulz se rendissent. Ceste ordonnence mise a effecte et la bataille commencee furent les rommains destourbez par le soleil et la pouldre qui leur tolloit la veue aussi par l’embusche qui leur courrut sus ou moult en y eut d’occis et mal menez et apres par ceulz qui a eulz s’estoient renduz lesquelz furent selon la coustume de adont tous desarmez et mis derriere la bataille mais ilz avoient couvertement sur leurs petis pourpoins comme rasoirs desquelz coppoient les guerrez aux rommains qui se combatoient et ainsi dit valere que par la malice d’auffricque plus que par bataille fut vaincue la force rommaine. Item une autre fois pour rompre une bataille furent prins beufz avec ce courves bastons mis soubz la queue envelopez d’estoupes mouilliés en huile et le feu bouté dedens chassez vers les ennemis tous les esparpillerent & rompirent par grant vigueur.