Frontin en son quart livre parle de cesar/ de domicius/ de emilius/ de scipion l’affricquant/ de vaius et de scipion. xi. chapitre.
Cesar disoit que on debvoit contre son ennemy user de conseil que les medicins donnent contre maladie/ c’est assavoir user de sobrieté et de fain avant que de fer.
Item domicius corbulo/ disoit que on debvoit ainçois grever son ennemy de toutes manieres de cautelles d’armes que on y employast son corps.
Item emilius paulus dist qu’il appartenoit a tout bon capitaine d’ost estre vieil de bonnes meurs et de sens.
Item scipion l’affricquant respondit a ung qui lui reprochoit de ce qu’il faisoit pou de sa main en bataille. Ma mere dist il m’enfanta empereur et non pas combateur qui estoit a dire qu’il debvoit suffrir a prince ou capitaine d’ost bien ordonner les siens sans exposer en quelque façon ou maniere son corps a ferir.
Item gayus maximus respondit a ung allemant qui l’appelloit de combatre corps a corps. S’il m’ennoiast dist il de vivre pieça eusse trouvé maniere d’estre occis.
Item scipion disoit que on ne debvoit pas seulement donner voye a son ennemy de fuyr/ mais aider a la faire et trouver. Au propos de ses choses comme il me semble peut bien servir ce que disoit le sage roy de france Charles quint de ce nom/ quant on luy disoit que grant estoit la honte de recouvrer ses forteresses par peccune que les anglois a tort tenoient Comme il eust puissance assez pour les ravoir par force. Il me semble disoit il que ce que on peult avoir par deniers ne doit pas estre acheté ne vengé par sang d’ommes.
Au livre de valere est contenu de hanibal/ de ung roy de grece/ de ung autre en semblable cas/ des rommains qui eurent a faire de saudoyers. xii. chapitre.
Valere parle en son vii. livre ad ce propos et dit que hanibal dont parlé avons cy dessus hayoit moult le tresvaillant duc/ fabius maximus/ pource que moult vigoureusement lui contrestoit en bataille/ & assez de griefz luy avoit faitz/ mais hanibal ne luy savoit comme par force nuyre. Pour ce se voulut de telle cautelle adviser. Il gasta tous les manoirs et champs d’environ romme excepté ceulx du vaillant chevalier fabius maximus ou il ne toucha ne meffist/ affin qu’il donnast souspeçon entre eulz d’aucune aliance ou tractié/ par quoy comme il veit que pou lui vaulsist ceste cautele voulut plus fort faire/ car il escripvit lettres et secretement les envoya a romme adressantes audit fabius lesquelles parloient et divisoient comme s’il y eust entre eulz certaine convenance qu’il deust commettre traïson contre les rommains. Et tellement ordonna l’affaire que au senat de romme vindrent entremains Mais iceulx congnoissans la tresbonne loyauté de fabius et la malice de hanibal n’en firent force.
Item ung roy de grece portoit trop grande et merveilleuse envie contre ceulx du pays rommain.