Premierement a tout le moins xii. canons gectans pierres dont les deux seront plus gros que les autres pour rompre engins manteaulx et aultres habillemens s’il est besoing.
Item deux bricoles et deux couillars chascun garny de quatre fondes/ et cordages & pierres a grant foison. deux ou trois espringales garnies du traict qui y appartient.
Item s’on ne sent que trop souvent conviengne faire gecter les canons suffist mille livres de pouldre et mille livres de plonc. a faire plommetz. vi. douzaines de lances ferrees xxiiii. arbalestres a pades. vi. autres a tour six grosses douzaines de fil d’anvers dont la grosse douzaine en vaut vii. xxiiii. arbalestres a croc xii. tellules deux tours a tendre. xviii. baudriers/ & xx. arcs a main cent douzaines de fleschez. xxiiii. douzaines de cordes d’arcs. lx. ou quatre vings pavais. xxiiii. milliers de viretons. xii. milliers de gros traict. ii. cens pierres arrondies pour les canons et d’aultres grant foison pour en faire quatre cens tampons pour en faire du bois ung charpentier/ troys maçons pour faire pierres a canons et autres choses necessaires a la garnison.
Item deux molins a chevaulx deux fours/ une forge garnie/ iii. milliers de fer : demy milier d’acier quatre milliers de charbon iiii. bacinez a pié et a queue pour alumer le feu pour les canons viii. soufflez.
Item pour contreminer. xxiiii. piez de terre. xii. piez de chievre de fer/ deux douzaines de louthetz. deux douzaines de hottes garnies/ vi. douzaines de pelles de bois/ bons cuviers & cuves.
Comment forteresses doibvent estre pourveues de doulce eaue selon vegece. xvii. c.
Vegece dit que comme ce soit grant proffit a forteresse ou a cité quant vive source de fontaines ou de puith y pevent estre Neantmoins s’il est ainsy/ que la nature du lieu n’y soit disposee/ il est besoing de y pourveoir par remede au mieulx que on peult/ c’est assavoir que se les fontaines & sourses sont hors des murs assez pres Convient que ceulz de dedens deffendent leur eaue a force de trait/ ou cas que les ennemys les voulsissent tollir ou empescher l’usage. Se la sourse sciet loings qui par conduis leur viengne/ y est affaire ung petit chastellet par lequel a force de gens d’armes et de trait soit deffendue. Et avec ce en toutes telles citez ou forteresses doibvent estre faites citernes/ lesquelles doibvent estre assises es lieux ou l’eaue de pluye qui chiet & vient des degoutz et des toitz des maisons et des nocquieres puissent cheoir dedens/ & ainsy le garder le plus que on peut plaines et garnies/ car la se garde elle moult bien en sablon a/ et est saine et mesmement les garnir aussy d’eaue de fleuve.
Semblablement dist arristote que eaue sallee de la marine ou qui vient de conduis et de sourses ameres devient doulce s’elle est passee parmy conduitz de bonne terre.
Avec ces choses peult moult proffiter vinaigre a foison avoir/ et par especial en temps d’esté/ car moult rafreschit le corps a boire avecques eaue et ce scevent ilz bien en ytalie. Et se la forteresse siet sur marine et il adviengne que sel y faille/ soit prinse de l’eaue de la mer et mise au soleil/ & puys boullir sur le feu tant que l’eaue soit toute consummee/ et par celle voye sera trouvé sel au fons.