¶ Cy parle a l'enseignement des femmes de folle vie. Chapitre .xlix.
Tout ainsi comme le soleil luyst sur les bons & sur les mauvais n'aurons point de honte d'espandre nostre doctrine mesmes sur les femmes qui sont folles legeres & desordonnees vie quoy qu'il ne soit riens plus abhominable & ce ne devons mye avoir pensant que la digne personne de jesucrist n'eut pas orreur de leur tenir resne en les convertissant donques pour charité & intention de bien & affin que aucunes d'elles puist se l'aventure si a donné que elle l'oye recueillir & retenir de noz enseignemens quelque chose qui puisse estre cause de la retraire de vie folle. Car plus grant aumosne ne peut estre faicte que de retraire le pecheur de mal & de peché dirons ainsi ouvrés les yeulx de congnoissance entre vous miserables femmes donnees a peché tant deshonnestement retrahés vous tandis que la lumiere du jour avés & ains que la nue vous surprengne / c'est a dire tandis que vie au corps vous dure que mort ne vous assaille & prengne em peché qui vous conduise en enfer. Car nul ne scet l'eure de la fin avisés la grant ordure de vostre maniere de vivre tant abhominable que avec ce que vous estes en l'ire de dieu le monde vous desprise que toute personne honneste vous fuyt comme chose excommuniee & en rue destourne sa veue que ne vous voye. Et pourquoy dure en vous tant ville couraige que on parle de telle abhominacion vous tenez plungiees comment peut estre ramenee a tel vice femme qui de sa nature & condition est honneste simple & honteuse qu'elle puisse endurer tant de deshonnesteté vivre boire & menger entre hommes plus vilz que pourceaulx ne d'autre gens n'avez congnissance qui vous batent traisnent & menassent & desquelz estes tous les jours en peril d'estre occises. Helas pourquoy est simplesse & honnesteté de femme ramenee en vous a telle paillardise. A pour dieu femmes qui portés le nom de crestienté & qui le convertisés en si vil office levez sus vous sourdés de la boue tant abhominable & ne vueillés plus souffrir voz povres ames chargees des ordures commises par les villains corps. Car dieu tout piteux est apareillé vous recevoir a mercy se repentir vous voulez & criés mercy par grant contriction. Si prenez exemple a la benoiste marie egiptienne qui de folle vie se repentit & a dieu se convertit qui est glorieuse saincte en paradis. Semblablement la benoiste saincte affre qui offrit son corps dequoy elle avoit pechié a martirer pour honneur de nostre seigneur & autres pareillement qui ont esté sauvees Et se aucunes de vous se vouloit excuser disant que ce feroit elle volentiers / mais trois raisons l'en destournent. L'une pource que les deshonnestes hommes qui la hantent ne luy souffreroyent. L'autre que le monde qui l'a en abhomination la debouteroit & chasseroit de tous lez & pource puis qu'elle est tant a honte jamais ne se oseroit veoir entre gens. La tierce que elle n'airoit dequoy vivre car elle ne scet nul mestier Si dirons que ces raisons riens ne vallent Car remede peut avoir en toutes Le premier est tel savoir doivent qu'il n'est point de doubte que femme n'est tant commune ne acointe de plusieurs que se elle veult bien a certes se disposer a retraire de pechié quoy que advenir luy en doye crier mercys a dieu par repentance & se tirer devers luy par ferme propos de jamais n'y renchoir il la gardera bien de tous ceulx qui l'en vouldroient destourber / mais que elles mesmes s'en vueille garder en fait & maintien laisse tantost son tresdehonneste habit & se veste & affuble de robe large & honneste & fuye les repaires que hanter souloit se traye vers le monstier & l'eglise en devotes oraisons suyve les sermons devottement & en grant repentance & contricion se confesse a saige confesseur. Et a tous ceulx qui l'admonnesteront de pechié respondre plainement que plus tost offreroit son corps a martire que elle le souffrist. Car dieu luy a donné grace de soy repentir & retraire si ne luy adviendra jour de sa vie pour mourir. Et par celle voye tenir n'est point de doubte apellant dieu a son aide qu'i n'y aura si grant goliard donc elle bien ne se delivre & se ores aucun trouvoit si mauvais qu'elle ne peust resister tantost contast son fait a justice qui pitié en auroit & y seroit pourveu. A l'autre raison qui est que le monde la despiteroit ne doit avoir telle oppinion ne pource laisser. Car le vray est tout au contraire & ne face nulle doubte que toutes les creatures qui la verront ainsi convertie & honteuse de son peché & folle vie en auroient tresgrant pitié l'appelleroient vers eulx luy diroient bonnes parolles & luy donroient occasion de perseverer & bien faire & pourroit estre veue & si bonne & si honneste vie tant devote doulce & humble que la ou elle souloit estre deboutee de chascun seroit apellee de toutes bonnes gens & cher tenue & ainsi par bien faire & la grace de dieu auroit recouvré honneur pour honte. Et pour quoy ne seroit. Car quant dieu luy auroit pardonné & prinse en grace ne seroit pas raison que le monde la boutast Helas sans faille toute femme ainsi donnee a honte & peschié deveroit bien desirer estre remise en cestuy estat laquelle chose seroit se disposer se vouloit / la tierce raison qui est qu'elle n'auroit dequoy vivre ne vault. Car se elle a corps fort & puissant pour mal faire & pour souffrir maintes batures & assez de mescheances elle l'auroit bien a gaigner sa vie / mais que ainsi fust disposee comme nous disons / car chascun la prendroit voulentiers a aider a faire les lessives en ces grans hostelz si en auroient pitié & voulentiers luy donneroient a gaigner / mais que bien gardast que on ne veist en elle ordure ne mauvaistie en nul endroit filleroit garderoit des accouchees & des malades demoureroit en une petite chambre en bonne rue & entre bonnes gens la vivroit simplement & sobrement si que on la veist nulle fois yvre ne malle ne tenceresse ne grande quaqueteresse & gardast bien que de sa bouche n'issist quelconques parolles de lubreté ne de deshonnesteté / mais tousjours courtoise humble & doulce & de bon service a toutes bonnes gens & bien se gardast que homme n'attraist. Car elle perdroit tout Et par ceste voye pourroit servir dieu & gaigner sa vie si luy feroit plus de bien ung denier que cent receus en pechié.
¶ Cy parle en louant les femmes honnestes & chastes. Chap. .l.
Tout ainsi comme le blanc du noir se differe et que contre l'ung l'autre mieulx est apperceue la difference nous plaist pour donner plus grant veue aux femmes chastes & honnestes parler a elles en les louant non mye pour les orgueillir / mais affin que perseverance de bien faire leur soit plaisir et que toutes femmes desirent estre de ce renc si en dirons aprés ce que nous avons parlé aux povres pecheresses. car tout ainsi comme a icelles deffaillans se pevent par grace de dieu relever convertir les bonnes par temptation d'ennemy & fragilité pervertir & estre peries & dampnees. Car point n'est congneue la constance du bon pelerin jusques a ce qu'il ayt acomply le terme de son voyage. Et pource considere la povre fragilité humaine tost encline a trebuscher nul ne doit presumer de soy que il soit plus fort que fut saint pierre ne que david salomon & aultres de grant sçavoir qui trebucherent en peché. Si dirons ainsi a vous femmes honnestes de chaste vie. Salut par dilection amys cheres le plaisir que nous prenons a la lueur de chasteté nous desduit a vous escripre tant les proprietés d'icelle noble fleur comme les louenges qui luy sont donnees a celle fin que tout ainsi que quant on loue le bon ouvrier par le bon ouvraige de plus en plus il se delicte a bien ouvrer faciés semblablement. Et quoy que assez suffise descripre toutes ses proprietés seroit fort neantmoins aulcunes belles & bonnes voulons en brief ramentevoir. Chasteté a telle proprieté qu'elle rend la personne en qui elle est & demeure agreable devant dieu sans laquelle nul n'y pourroit plaire. Et il y pert par ce que recite sainct ambroise quant il dit que de creature humaine fait devenir ange. Et celle mesmes sentence accorde saint bernard ainsi disant que plus belle chose fait il peut estre que chasteté qui de creature humaine conceue d'orde matiere & semence & en peché peut faire ung tresnet & plaisant habitacle a dieu. Chasteté dit il est la seulle vertu qui mesmes en ce monde mortel represente l'immortalité de lassus / c'est assavoir que les creatures qui l'ont en eulx se pevent comparer aux saintz esperitz du ciel si sont infinies les proprietés & louenges que la saincte escripture recorde de ceste vertu celeste. Et avec ce que elle est tant tesmoignee estre haulte devant dieu l'experience nous demonstre semblablement au monde & a la louenge exaulcee / car il ne sçaura estre creature remplye de tant de defaulx que s'il est renom que elle soit chaste que on ne l'ait en reverence & se elle est renommee du contraire d'aucune personne quelque bien qu'elle face que on ne s'en mocque en derriere & que moins n'en soit prisee. Si vous y vueillés doncques delicter de plus en plus entre vous preudes femmes / non mye par faintise montrer par signes & parolles que le soyés & que couvertement ait en vous le contraire. Car dieu a qui riens n'est mucé le sçauroit bien qui vous en pugniroit / mais en realle verité soit telle vostre conscience par droit effect. Et ne faictes comme aucunes folles qui cuident par parler des aultres mucier leurs follies ou faire acroire que moult sont preudes femmes & que tel fait ont en abhomination / mais telle maniere fait a despriser. car quelque bonne que une femme soit de tant comme elle est bonne luy appartient plus se taire en tel cas pource que elle doit penser que les autres pareillement le sont. Car n'est point signe que elle soit quant tant treuve sur les autres a dire. Car en ce cas luy affiert prendre son cueur a autruy. Si ne vous devés doncques orgueillir pour vostre chasteté suppeditant ne mocquant les autres posons que sceussiés de vray leurs vices n'en parler en mal pour vous aloser & monstrer que mieulx vaillés pour deux principaulx raisons. L'une car vous ne sçavés qui vous est a advenir ne comment temptees serés Car dit le proverbe commun. quant la brebis est vieille si l'emporte aucunesfois le loup L'autre que si vous n'avez celuy peché vous en avés peut estre d'autres pires envers dieu si que en ce livre est aucunesfois touché / quoy qu'ilz ne soyent mye par adventure si deshonnestes au monde. Si devez avoir pitié des deffaillantes prier pour elles leur donner occasion d'elles retraire & louer dieu de ce que de tel mal vous a gardés luy prier qu'il vous doint perseverance / fuir les occasions qui vous pourroient faire encliner a pechié vous tenir humbles vers dieu & ne vous fier en vous mesmes / mais tousjours estre craintives & ainsi & par ceste voye tenir pourrés conduyre vostre charroy jusques a fin & terme de gloire / laquelle dieu vous ottroit.
¶ Cy dit des femmes des laboureux. chap. li.
Or nous convient tirer vers la fin de nostre procés dont il est temps desormais parlant aux simples femmes de labour es villages auquelles n'est mestier deffendre les grans paremens ne oultrageux habitz. Car de ce sont bien gardees & non pourtant quoy que elles soyent nourries communement de pain bis de lart de potage & de eaue abuvrees & que assés de peine trayent est leur vie plus seure & en plusgrant souffisance que de telles sont bien hault assises. Et pource que toute creature de quelque estat qu'elle soit a mestier d'introduction & bien vivre nous plaist que elles soyent participans en nos leçons si leur dirons ainsi entendés simplettes femmes qui demourés es villaiges es platz païs ou es montaignes qui ne povez mye souvent ouÿr ce que l'eglise admoneste a toute creature pour son sauvement si n'est par vos curés ou chapelains au dimenche au prosne en brief sicomme dire le scevent retenés nostre leçon a vous adrecee s'il est ainsi que aller puisse jusques a vos oreilles affin que ignorance qui vous peut decevoir par faulte de plus sçavoir ne vous destourner de sauvement. Si devés sçavoir tout premierement qu'il est ung seul dieu tout puissant tout bon tout juste & tout saige a qui nulles choses sont celees qui rend guerdon a toute personne ou de bien ou de mal selon ce qu'il a deservy celuy seul doit estre parfaictement aimé & servy. mais pource qu'il est tant bon qu'il a aggreable tout service que bon cueur luy presente & tant saige qu'il scet la possibilite des gens luy suffit que chascun face vers luy selon sa possibilité & souffist mais que le cueur y soit. Et pource entre vous de qui il est necessité que le monde soit secouru au labour qui est pour la sustentacion vie & nourrissement de toute creature humaine parquoy ne povés tant vacquer ne entendre a le servir en faisant jeusnes disans oraisons ne aller a l'eglise comme autres femmes de bonnes villes & toutesvoyes avés aussi bien besoing de sauvement que autres ont comment doncques qui les servés par autre voye sicomme nous vous dirons / c'est assavoir en cueur & en voulenté en faitz en dis et en pensee. C'est assavoir en tant que vous l'aimez de tout vostre cueur vous garderés de faire a vos voisines ou autres gens ne que vouldriés qu'ilz vous feissent & que de ce admonnestés bien vos marys / c'est assavoir quant ilz labourent terres pour autruy qu'ilz le facent bien & loyaulment comme pour eulx feroient & se c'est a moisson payent leur maistre du froment qui aura creu en la terre si tel est le marchié & non mye mesler seigle avec & faire entendant que autre n'a rendu / ne mucent pas les bonnes brebis ne les meilleurs moutons ches les voisins ou autre part pour payer le maistre quant vient au partaige des pires ne face acroire que mortes sont par luy / luy monstrer les peaux d'autres bestes ne le payent des pires toisons des laines / ne mauvais compte ne luy rendent de ses voitures ne de ses choses ou de sa volaille. & ne voisent coupper en aultruy bois sans congié pour lever leurs maisons / & quant vignes prennent a faire soyent diligent de les faire de toutes façons & en bonne saison. Et quant ilz seront commis pour leurs maistres de prendre des autres ouvriers s'ilz les louent six blans le jour ne face mye acroire que sept coustent et ainsi de toutes telles choses les bonnes femmes doivent adviser leurs marys qu'ilz s'en gardent / car ilz se damneroyent & par bien faire & loyaulment leur labeur prennent en gré leur vie sans faille ilz se sauvent & est vie bonne & aggreable a dieu & elles mesmes leur doivent aider en ce que elles pevent & bien garder qu'elles ne voisent ne seuffrent aller leurs enfans rompant hayes pour en autruy courtilz embler les raisins par nuyt ou par jour / ne autruy fruitaiges / ne quelconques courtillaiges ne autres choses / ne leurs bestes ne mettent paistre en gaignages ne au prés de leurs voisins ne quelconques chose ne tollent autruy ne qu'elles vouldroient que on leur tollist. voisent a l'eglise le plus qu'elles pourront & payent a dieu loyaulment leurs dismes & non mye des pires choses & dient des patenostres paisibles soient avec les voisins sans leur faire dommage en plait pour pou de chose. Si que assés de villages font que ja ne seront aises se ilz ne plaident croyent bien en dieu & ayent pitié de ceulx a qui verront mal avoir & par ces voyes tenir si pourront les bonnes gens sauver tant hommes comme femmes.
¶ Cy parle a l'estat des povres. chap. .lii.
Si que nous commençasmes aux riches & aprés ce que parlé avons a tous les communs estas des femmes nous convient terminer nostre euvre aux estas de dieu aymés & du monde haïs / des povres tant de hommes comme de femmes en les ennortant de pacience par l'esperance de la couronne qui leur est promise en disant. O beneurez povres par la sentence de dieu recordee en l'evangille attendans la possession du ciel par le merite de povreté paciemment portee resjoyssés vous en ceste haulte promesse de la joye qui toutes passe & a qui autre n'est comparee & n'est pas promise aux Roys ne aux princes ne aux riches s'ilz ne sont de vostre regne en esperit c'est povre de voulenté si que ilz desprisent les richesses & boubans du monde ne point ne les assavourent. amys treschiers de dieu aymés plaise vous a retenir nostre admonition se jusques a vostre congnossance peult aller par quoy elle vous ramentoive ce qui vous peut aider contre les aguillons d'impacience quant ilz vous poignent de divers & tresgrans laises que vous portés. C'est assavoir souventesfois fain & soif froit maulvais logis impotence vieillesse sans amys maladie sans resconfort & avec ce le despris villennie & deboutemens du monde sicomme a peu si vous estiés une autre espece de gent & non mye crestiens. Adonc quant la pointure d'icelle impacience vous assault affin que par elle ne perdés pas lesditz tresgrans tresors qui promis vous sont vienne dame esperance aymee de patience atout l'escu de foy qui fort se combatent contre elle si qu'elle la desconfisse & que la victoire en soit vostre & l'envaïse fort par telz cinq dars Le premier qu'elle luy gettera sera tel O povre pecheur ou pecheresse que as tu qui te complains povreté est il homme au monde qui ne se tenist pour bien payé d'estre vestu des robbes du roy & de sa livree. He mon createur tout puissant roy sur tous roys / & moy ta povre creature qui suis vestue de tes robes en ame & en corps n'ay pas souffisance en ame entant que tu l'as faicte a ton ymage / en corps que j'ay chair humaine si que tu veulx avoir & vestu de povreté laquelle robbe tu veulx avoir toute la vie. Et bien monstras que tu auctorisoyes l'estat de ceste prophecion de povreté plus que nul aultre quant pour toymesmes l'esleuz or pert il bien que tes jugemens ne sont pas pareilz a ceulx des hommes. Car qui fut oncques en ce monde plus povre que toy quant il te pleut naistre en une povre estable comme en lieu destourné entre bestes mues en temps d'yver enveloppé en povres drapelletz & toute ta vie user en telle povreté que oncques n'euz riens propre fortz ce qu'on te donnoit pour aulmosne souffris maintesfoys fain soif & toutes mesaises vous mourir tourmenter tout nud & si povre que tu n'avois pas ung povre oreiller a reposer ton digne chief / helas moy miserable creature me dois je plaindre d'estre de ton convent. Beau sire dieu je te rens graces quant tant me daignes honnorer que j'en soye Car tu veulx que par la fain transitoire que a present je seuffre & endure je soye rassise la sus a ta saincte table a tousjours s'il me plaist & le vueil tresdoulx sire que ta saincte voulenté soit faicte. Le deuxiesme dard que elle gettera sera tel. Et si tu es ores malade & pou reconfortee dieu le veult / affin que par la pacience que tu y peulx prendre ton merite soit de tant plus grant. Le troiziesme dard est / se tu es vieil & n'as nulz amys que te chault / iceulx amys que te feroyent ilz. Certes ta vieillesse ne te osteroient ilz pas / ne ilz ne te accroisteroyent pas ton merite / & de tant que tu es plus vieil c'est mieulx pour toy. Car tant es tu plus pres d'aller au terme de ton voyage & vers ton dieu qui par sa saincte misericorde se tu es patient te remettra en force & en jeunesse de toute gloire & felicité. Le quatriesme dard est / se tu gis maintenant sur ung pou de fiens qui ung petit de temps t'a a durer ou en ung pouvre & mesaise logis ou tu n'as dequoy te aysier / quel mechief est ce pour toy advisant le benoist logis de paradis sur tous beau & dectable ou tu ne peulx faillir se a toy ne tient. Le cinquiesme dard est. se le monde te desprise ou deboute tu es bien blecé mais pour dieu or advises que vallent aux roys aux grans & aux riches trespassés les honneurs que en leurs vies on leur faisoit au siecle. Helas n'est pas doubte que cause ont esté de dampner mainte a qui mieulx vaulsist avoir esté de ton estat. Ainsi & par ces dartz entre vous povres & indigens vous povez vaincre & mater les assaulx de impacience qui ne sont pas petis quant ilz viennent par grant oppression de necessité par prendre en gré vostre povreté avoir fiance en dieu ne couvoiter autre chose fors ce qui luy plaist. Et par ceste voye povez acquerir plus noble possession / & plus de richesses que cent mille mondes ne pourroient contenir & a tousjours durer. Si avez cause a tout regarder si bien ne voulez user de louer dieu de l'estat ou il vous a appellés quoy qu'il soit dur a porter. Et entre vous bonnes & povres femmes qui voz povres maris avez les devez par ces poins reconforter & eulx aussi vous servir l'ung l'autre le mieulx que vous pourrés. Les povres veufves aussi se reconforter en dieu en attendant la joye qui n'a fin laquelle dieu vous octroye. Et a celluy mesmes te recommandons christine amye chiere. Et de nostre oeuvre ainsi nous departons
¶ La fin & conclusion d'icelluy livre.