Les jeux 1 et 70 ont été publiés par M. Paulin Paris (Op. cit., V, p. 162).
Les jeux 10, 12, 18, 21, 23, 26, 35, 37, 42, 50 et 61, par Mlle de Kéralio (Op. cit., III, pp. 66 à 68.)
AUTRES BALLADES (p. 207 à 269).
I
Cf. Cent Ballades, XCVI.
II et III
Ces deux pièces sont consacrées à l'éloge de Charles d'Albret que Christine fait descendre du fabuleux Brutus, qui, suivant la légende, avait donné son nom à la Grande-Bretagne. On sait que Charles d'Albret était fils de Arnaud-Amanieu, sire d'Albret, et de Marguerite de Bourbon, soeur de Jeanne de Bourbon, femme de Charles V. 11 fut nommé connétable de France en 1402, servit en Guyenne contre les Anglais (1406-1406), embrassa le parti des Armagnacs, fut destitué (1411) et rétabli dans sa charge en 1413. Il mourut à la bataille d'Azincourt où il commandait l'avant-garde le 25 octobre 1416. Ce prince aurait recueilli en héritage toutes les qualités de son ancêtre Brutus et paraîtrait aux yeux de Christine le modèle du chevalier le plus accompli (Voy. encore la ballade XVI), elle exalte surtout son courage à soutenir la réputation des dames et fait allusion (Dont vous portez la dame en verde targe) à une célèbre association dont il était l'un des plus fervents compagnons, l'ordre de chevalerie appelé l'Escu vert a la dame blanche et institué par le maréchal de Boucicaut à son retour d'Orient le 11 avril (jour de Pâques fleuries) 1399. Les treize chevaliers de cet ordre avaient juré de défendre l'honneur des dames envers et contre tous et devaient porter «chascun d'eulx liée autour du bras une targe d'or esmaillée de verd, a tout une dame blanche dedans» (Voy. les statuts de cette association dans le Livre des faicts du Mareschal de Boucicaut, Ire partie, chap. XXXIX). Ainsi que nous l'avons exposé dans la préface de ce volume la défense de l'honneur des femmes était un des thèmes favoris de Christine de Pisan, on y peut rattacher également la composition des ballades IV et XII qui suivent.
VI
Les veuves sont abandonnés de tout le monde, Christine fait ici allusion aux démêlés qu'elle eut à subir avec des débiteurs de mauvaise foi, circonstances dans lesquelles elle regrette amèrement de n'avoir trouvé aucun soutien, aucun bon conseil.
XI