XVII

Cette ballade a été composée contre les hommes insidieux et menteurs. L'auteur fait dès les premiers vers allusion à l'aventure d'Ulysse chez Circé. C'est encore une flétrissure des défauts et des vices du siècle dont on trouve si souvent le modèle dans les poésies d'Eustache Deschamps. (Voy. aussi plus loin la ballade XLI).

XVIII, XIX et XX

Ces ballades ont été adressées comme présents et souhaits de nouvelle année. Les envois de compliments et de voeux se faisaient toujours le 1er janvier. Nous en trouvons la preuve dans les inventaires de la librairie du duc de Berry où nous voyons Christine de Pisan elle-même offrir certains de ses ouvrages en étrennes, le 1er janvier.

La première de ces ballades est envoyée à la reine Isabelle de Bavière, la seconde à Louis de France, duc d'Orléans; quant à la troisième elle a été composée à l'intention de Marie de Berry, fille du duc Jean de Berry, l'un des plus puissants protecteurs de Christine. On sait que cette princesse avait épousé en 1400 Jean Ier duc de Bourbon auquel elle apporta en dot le duché d'Auvergne et le comté de Montpensier.

XXI

Christine offre en étrennes à Charles d'Albret une transcription de son poème du Débat de deux Amans. Cet exemplaire même doit être le ms. 11034 de la Bibliothèque royale de Bruxelles en tête duquel se trouve placée la présente ballade.

XXII

M. Paulin Paris en a donné le texte dans ses Manuscrits françois, V, p. 156.

Christine place son fils aîné sous la protection du duc d'Orléans. Cette ballade nous apprend aussi que le comte de Salisbury avait emmené à la cour d'Angleterre le fils de Christine. Bien que Richard II eût été détrôné (septembre 1399) et le comte de Salisbury décapité, Henri de Hereford, duc de Lancastre, usurpateur de la couronne, avait retenu auprès de lui l'enfant de la célèbre femme; mais la mère réclama bientôt son fils, qui dut revenir en France, après une absence de 3 ans, en 1400 ou 1401.