En second lieu, le Jugement Dernier sera précédé de l’imposture de l’Antéchrist, qui essaiera de tromper les hommes en quatre manières : 1o par une fausse exposition des écritures, d’où il essaiera de prouver qu’il est le Messie promis par la loi ; 2o par l’accomplissement de miracles ; 3o par la distribution de présents ; 4o par l’infliction de supplices.

En troisième lieu, le Jugement Dernier sera précédé d’un violent incendie, allumé par Dieu pour renouveler le monde, pour faire souffrir les damnés, et pour mettre en lumière la troupe des élus.

2o Quant aux circonstances qui accompagneront le Jugement Dernier, on doit nommer d’abord la répartition des bons et des méchants : car on sait que le juge descendra dans la Vallée de Josaphat et mettra les bons à sa droite, et les méchants à sa gauche. Ce qui ne signifie point, ainsi que le dit très justement saint Jérôme, que tous les hommes doivent parvenir à prendre place dans cette petite vallée, mais seulement que là sera le centre du jugement : sans compter que rien n’empêchera Dieu, s’il le veut, de faire tenir en un petit espace un nombre infini de personnes.

Vient ensuite la question de savoir en combien de catégories seront répartis les hommes, au Jugement Dernier. Saint Grégoire admet quatre catégories, dont deux parmi les damnés, et deux parmi les élus. Car, parmi les damnés, il y en aura qui seront jugés, et d’autres qui seront condamnés d’avance, à savoir ceux dont il est dit : « Celui qui ne croira pas, il sera jugé d’avance ! » Du côté des élus, il y en aura qui seront jugés, et d’autres, les hommes parfaits, jugeront les autres, en ce sens qu’ils siégeront à côté du juge.

Figureront également, au Jugement Dernier, les insignes de la passion : la croix, les clefs et les cicatrices du corps ; et Chrysostome dit que « la croix et les cicatrices seront plus brillantes que les rayons du soleil ».

Le Juge sera d’une sévérité inflexible. Il ne se laissera fléchir, en effet, ni par la peur, car il est tout-puissant, ni par les présents, car il est la richesse même, ni par la haine, car il est la bonté même, ni par l’amour, car il est la justice même, ni par l’erreur, car il est la sagesse même. Et contre cette sagesse ne pourront prévaloir ni les allégations des avocats, ni les sophismes des philosophes, ni les périodes des orateurs, ni les ruses des hypocrites.

Et autant le Juge sera sévère, autant l’accusateur sera implacable. Ou plutôt le pécheur aura en face de lui trois accusateurs : 1o le diable ; 2o le péché lui-même ; 3o le monde entier ; car, comme le dit Chrysostome : « Ce jour-là, le ciel et la terre, l’eau, le soleil et la lune, le jour et la nuit, en un mot le monde entier se dressera contre nous devant Dieu, en témoignage de nos péchés. »

Et, de même, trois témoins déposeront contre nous, tous les trois infaillibles. En premier lieu, Dieu lui-même, qui nous dit par la voix de Jérémie : « Je suis à la fois juge et témoin. » En second lieu, notre conscience. En troisième lieu l’ange délégué pour notre garde ; car nous lisons dans le livre de Job : « Les cieux (c’est-à-dire les anges) révéleront son iniquité. »

Enfin la sentence sera irrévocable. En effet, une sentence est irrévocable pour trois motifs : 1o l’excellence du juge ; 2o l’évidence de la faute ; 3o l’impossibilité de différer le châtiment. Or, dans la sentence prononcée contre nous au Jugement Dernier, ces trois conditions se trouveront remplies ; et il n’y aura point de roi, d’empereur, ni de pape, à qui nous puissions faire appel du jugement prononcé contre nous.

II
SAINT ANDRÉ, APÔTRE
(30 novembre)