— Tu es une reine ici… et je vais avoir recours à ton pouvoir. Figure-toi que pendant mon séjour à Aix, cet été, j'ai joué… un peu, et j'ai eu la malchance de perdre. J'ai écrit alors à Elie pour lui demander de m'avancer un trimestre de la pension qu'il nous fait, sans lui dire au juste pourquoi. Il m'a répondu en m'envoyant la somme, "sans préjudice de celle qui vous sera adressée comme à l'ordinaire", ajoutait-il fort aimablement.

— Oh! mon père!

Elle le regardait avec une expression de douloureux reproche qui fit un instant baisser les yeux de M. de Noclare.

Il se mit à tourmenter nerveusement sa moustache grisonnante.

— Eh bien! oui, je n'ai pas été raisonnable… surtout la seconde fois.

— Comment la seconde fois?

— Oui, je suis retourné à Aix dernièrement, pour tâcher de me rattraper. Mais décidément, il n'y avait rien à faire. J'ai perdu encore…

Une exclamation s'échappa des lèvres tremblantes de Valderez.

— … Mon partenaire, fort galant homme, m'a donné du temps. Cependant, je ne puis tarder davantage. Or, ton mari seul peut me venir en aide. Il faut que tu lui demandes…

— Moi? dit-elle vivement avec un geste de protestation.